Situation en Ukraine [en]

Déclarations, entretiens, comptes rendus (18 janvier 2023).

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Décès du ministre de l’Intérieur, Denys Monastyrsky

18 janvier 2023

La France a appris avec une grande tristesse le décès du ministre ukrainien de l’Intérieur, Denys Monastyrsky, à la suite d’un accident d’hélicoptère à Brovary qui a fait de nombreuses victimes, dont des enfants.

En sa qualité de co-président de la commission économique mixte franco-ukrainienne, Denys Monastyrsky était personnellement engagé pour l’approfondissement des relations entre nos deux pays.

La France présente ses très sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi qu’à l’ensemble du peuple ukrainien pour cette tragédie.

Réunion sur l’Ukraine avec les organisations de la société civile française

7 décembre 2022

En amont de la conférence de soutien à l’Ukraine qui sera organisée conjointement par la France et le l’Ukraine le 13 décembre prochain, Mme Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, réunira les acteurs de la société civile française (collectivités territoriales, organisations non gouvernementales et fondations d’entreprises) qui ont fait preuve d’une solidarité exceptionnelle dans l’aide apportée au profit de la population ukrainienne victime de la guerre.

La France, via le centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, a déjà conduit depuis le début de l’agression russe une quarantaine d’opérations logistiques de solidarité. Ces opérations ont pu compter sur la contribution essentielle des organisations de la société civile présentes et ont permis d’acheminer plus de 2600 tonnes d’équipements et de biens : groupes électrogènes, abris d’urgence, matériel médical, véhicules de secours et d’incendie, ponts préfabriqués ou encore produits alimentaires.

La ministre saluera à l’occasion de cette réunion les contributions des plus de 1700 collectivités territoriales au fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO) mis en place par le CDCS et le travail réalisé par les ONG humanitaires, fondations et organisations locales de la société civile. La France a ainsi mobilisé 31 millions d’euros pour soutenir 18 ONG humanitaires et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui répondent aux besoins essentiels des populations ukrainiennes déplacées ou réfugiées dans les secteurs de la santé, l’alimentation, l’aide aux déplacés, le maintien de l’accès à l’éducation, la lutte contre l’impunité ou encore le déminage humanitaire.

Confirmation par l’AIEA de l’absence d’activités et de matières nucléaires non déclarées

4 novembre 2022

L’AIEA a confirmé le 3 novembre, après avoir conduit ses activités de vérification, l’absence d’activités et de matières nucléaires non déclarées sur les sites ukrainiens. L’enquête des inspecteurs de l’Agence est intervenue à la demande du gouvernement ukrainien, afin de répondre aux allégations russes de détournement de matières de ces sites à des fins de préparation et d’utilisation par l’Ukraine d’une prétendue "bombe sale" sur son territoire. L’enquête de l’AIEA démontre l’absence de tout fondement aux allégations mensongères et irresponsables de la Russie. La France salue la transparence dont fait preuve l’Ukraine.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, Président de la République, avec M. Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine

1er novembre 2022

Le Président de la République s’est entretenu par téléphone avec le Président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, ce mardi 1er novembre 2022.

Ils ont échangé sur la situation sur le terrain et sur les derniers développements de la contre-offensive ukrainienne. Le chef de l’Etat a redit la pleine mobilisation de la France pour augmenter dans les plus brefs délais son soutien militaire à l’Ukraine, en particulier concernant la défense anti-aérienne.

Le Président de la République a également marqué sa détermination à aider l’Ukraine à résister à l’approche de l’hiver, alors que les frappes russes ont considérablement endommagé les infrastructures électriques et d’approvisionnement en eau du pays. Il a indiqué que la France intensifiera son soutien à cet égard et participera à la mobilisation internationale. Les deux présidents sont convenus d’organiser le 13 décembre à Paris une conférence internationale destinée à soutenir la résilience civile du pays tout au long de la période hivernale. Un travail de préparation avec les autres partenaires de l’Ukraine sera lancé prochainement à cette fin. Par ailleurs, les deux présidents se sont également accordés sur l’organisation d’une conférence bilatérale visant à mobiliser les entreprises françaises, qui se tiendra le 12 décembre.

Les deux présidents ont évoqué la suspension par la Russie de la mise en oeuvre de l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes par corridor maritime. Le chef de l’Etat a dénoncé une décision unilatérale de la Russie qui nuit de nouveau à la sécurité alimentaire mondiale.

Ils ont de même abordé la situation à la centrale nucléaire de Zaporijjia, où les pressions exercées par l’armée russe sur le personnel ukrainien compromettent encore davantage la sûreté de la centrale.

Enfin, sur les fausses allégations de la Russie concernant la préparation d’une bombe sale, le Président de la République a salué la transparence exemplaire de l’Ukraine qui a permis sans délai une mission de l’AIEA sur place, afin de démontrer que l’Ukraine respecte pleinement son accord de garanties et d’écarter les accusations infondées./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Attaques de la Russie contre des infrastructures civiles

31 octobre 2022

La France condamne avec la plus grande fermeté les attaques russes conduites ce matin, qui ont visé des infrastructures civiles critiques dans de nombreuses régions ukrainiennes.

La Fédération de Russie continue ainsi ses bombardements volontairement dirigés contre les infrastructures civiles, en violation du droit international humanitaire.

La France poursuivra son engagement en soutien des autorités ukrainiennes, de la Cour pénale internationale et d’Eurojust afin que de tels agissements ne demeurent pas impunis.

Elle poursuivra sa mobilisation en soutien à la résilience civile de l’Ukraine, y compris à court terme à l’approche de l’hiver, et organisera à cette fin une conférence internationale qui se tiendra le 13 décembre prochain. Celle-ci aura pour objectif d’apporter des réponses concrètes aux besoins immédiats de la population ukrainienne et d’assurer la cohérence de l’aide internationale qui lui est fournie.

Résilience civile - Communiqué du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

28 octobre 2022

Les bombardements massifs que la Russie mène intentionnellement depuis plusieurs semaines contre les infrastructures énergétiques et la population civile ukrainienne emportent un grave risque de crise humanitaire renouvelée à l’approche de l’hiver. Cette situation critique requiert une mobilisation urgente de la communauté internationale.

La France est engagée avec détermination aux côtés de l’Ukraine et du peuple ukrainien depuis le début de l’agression illégale et injustifiable dont elle est victime. Depuis le mois de mars 2022, dans le cadre de l’aide de 2 milliards de dollars dégagée par la France en soutien de l’Ukraine, elle a fourni plusieurs milliers de tonnes d’aide d’urgence (alimentation, santé, sécurité civile), du matériel de réhabilitation des habitations, des ponts de secours et très prochainement plusieurs dizaines de générateurs électriques. Elle a également soutenu à hauteur de près de 70 millions d’euros des ONG et des organisations internationales mobilisées sur le terrain pour apporter des services de première nécessité à la population ukrainienne et préparer l’hiver. Elle contribue à l’effort européen en soutien à l’Ukraine qui se monte aujourd’hui à 22 milliards d’euros ainsi que par le biais de ses contributions aux organisations multilatérales mobilisées à cet effet.

Une aide massive, dans la durée

En réponse aux besoins exprimés par l’Ukraine, la France a ainsi conduit plus de 30 opérations de solidarité depuis le début de l’agression russe, permettant l’acheminement de plus de 2600 tonnes de biens représentant une valeur de 41 millions d’euros, dont 1000 tonnes lors de la dernière opération « un Bateau pour l’Ukraine » partie le 28 septembre du port de Marseille et arrivée sur place.

Par ailleurs, 30 millions d’euros ont été mobilisés pour soutenir 17 ONG dont l’action vise à répondre aux besoins essentiels des populations ukrainiennes déplacées et réfugiées. Un accent a notamment été mis sur la réhabilitation et l’isolation des centres collectifs, un soutien accru en matière de santé pour limiter la propagation des maladies hivernales, un soutien à la chaine logistique qui permettra d’approvisionner les populations vulnérables en équipements pour l’hiver, ou encore en fournissant aux personnes vulnérables une soutien financier pour faire l’acquisition de biens de première nécessité. La France prend toute sa part à l’accueil des réfugiés ukrainiens au sein de l’Union européenne, y compris par la scolarisation d’enfants.

La France a également appuyé à hauteur de plus de 38 millions d’euros les actions de plusieurs organisations internationales (Haut-Commissariat aux Réfugiés, Organisation internationale des migrations, CICR, UNICEF) engagées pour venir en aide aux personnes vulnérables et déplacées.

Elle apporte en outre un soutien essentiel à la sécurité civile ukrainienne, très éprouvée depuis le début de l’agression russe. Plus de 70 véhicules d’intervention, 8 embarcations nautiques et près de 200 tonnes de matériel spécialisé ont ainsi été fournis depuis le mois de mars 2022.

La France est enfin concrètement engagée au soutien des enquêteurs ukrainiens et de la CPI pour la collecte de preuves et l’identification des victimes de crimes de guerre.

Une mobilisation pour répondre à l’arrivée de l’hiver

À l’approche de l’hiver, la France renforcera sa mobilisation, directement et par l’intermédiaire d’ONG et d’organisations internationales, afin de fournir des réponses concrètes aux besoins essentiels de la population ukrainienne en matière d’alimentation, de chauffage, d’éclairage et d’alimentation électrique : générateurs, groupes électrogènes, lampes, installations de chauffage, réparation et isolation des logements, achats de combustibles. L’action du Centre de crise et de soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères est prioritairement réorientée en ce sens depuis plusieurs semaines.

Organisation d’une conférence sur la résilience civile à Paris

Pour poursuivre cet engagement et comme l’a indiqué la Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, la France organisera, à Paris, une conférence de soutien à la résilience civile de l’Ukraine, en présence des bailleurs et acteurs multilatéraux souhaitant se mobiliser à ses côtés. Cette conférence se tiendra le 13 décembre. Elle visera à identifier des réponses concrètes pour répondre à l’urgence de l’hiver. Un accent particulier sera mis sur la fourniture de matériel de première nécessité ainsi que sur la reconstruction d’infrastructures critiques, en particulier énergétiques. Elle aura également pour objectif de fixer une méthode de travail et de mettre en place un réseau regroupant l’Ukraine et les bailleurs afin d’assurer la cohérence entre les besoins ukrainiens et les capacités de soutien de la communauté internationale.

Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis

24 octobre 2022

Nous, ministres des Affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis, réitérons notre soutien indéfectible à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à l’agression que mène la Russie. Nous restons déterminés à poursuivre notre soutien aux efforts de l’Ukraine pour défendre son territoire aussi longtemps qu’il le faudra.

Plus tôt ce jour, les ministres de la défense de nos trois pays se sont entretenus avec le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, à sa demande. Nos pays ont clairement indiqué qu’ils rejettent les allégations, à l’évidence fausses, de la Russie selon lesquelles l’Ukraine se prépare à utiliser une bombe sale sur son propre territoire. Personne ne serait dupe d’une tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade. Nous rejetons plus généralement tout prétexte d’escalade de la part de la Russie.

Nous avons également évoqué notre détermination commune à continuer de soutenir l’Ukraine et le peuple ukrainien par une assistance en matière sécuritaire, économique et humanitaire face à la guerre d’agression brutale du président Poutine.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, Président de la République, avec M. Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine

2 octobre 2022

Le Président de la République s’est entretenu par téléphone avec le Président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, ce dimanche 2 octobre 2022.

Le Président de la République a réitéré sa ferme condamnation de l’annexion illégale par la Russie de quatre régions ukrainiennes. Il a réaffirmé la détermination de la France à aider l’Ukraine à retrouver sa pleine souveraineté et intégrité territoriale, et à travailler avec ses partenaires européens à de nouvelles sanctions.

Ils ont échangé sur la situation à Zaporijjia, qui reste très préoccupante. Le Président de la République a condamné l’arrestation par les forces russes du directeur de la centrale. Les deux Présidents ont souligné l’urgence à très court terme de permettre la rotation du personnel ukrainien qui assure le fonctionnement et la sûreté des installations. Le Président de la République a de même rappelé son attachement à la souveraineté ukrainienne sur la centrale et à oeuvrer au retrait des forces russes du site./.

Déclaration des ministres des Affaires étrangères du G7 en appui aux efforts de l’AIEA pour favoriser la sûreté et la sécurité nucléaires de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine

10 août 2022

Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis d’Amérique, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que le haut représentant de l’Union européenne, réaffirmons notre très vive condamnation de la guerre d’agression injustifiable, qui ne fait suite à aucune provocation, que la Fédération de Russie mène actuellement contre l’Ukraine. La Fédération de Russie doit retirer immédiatement ses troupes du territoire de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues et respecter le territoire et la souveraineté de l’Ukraine.

Dans ce contexte, nous exigeons de la Russie qu’elle redonne immédiatement à son propriétaire souverain légitime, l’Ukraine, le plein contrôle sur la centrale nucléaire de Zaporijjia ainsi que sur l’ensemble des installations nucléaires se trouvant dans les frontières internationalement reconnues de l’Ukraine pour assurer leur exploitation dans de bonnes conditions de sûreté et de sécurité. Le personnel ukrainien qui exploite la centrale nucléaire de Zaporijjia doit pouvoir assumer ses missions sans menace ni pression. C’est le fait que la Russie continue de contrôler la centrale qui met la région en danger.

Nous demeurons vivement préoccupés par la menace grave qui pèse sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes du fait de leur saisie ou d’autres actions menées par les forces armées russes, qui augmentent de manière significative le risque d’accident ou d’incident nucléaire et met en danger la population de l’Ukraine et des États voisins, ainsi que la communauté internationale. Ces actions compromettent également la capacité de l’AIEA à contrôler les activités nucléaires pacifiques de l’Ukraine pour assurer le respect des garanties.

Nous saluons et soutenons les efforts déployés par le Directeur général de l’AIEA, M. Grossi, pour renforcer la sûreté et la sécurité nucléaires en Ukraine et nous le remercions, ainsi que le personnel de l’AIEA, pour leur engagement permanent à cet effet. Dans ce contexte, nous soulignons combien il importe de faciliter une mission des experts de l’AIEA à la centrale nucléaire de Zaporijjia pour traiter les aspects de sûreté et de sécurité nucléaires et de garanties, dans le respect de la pleine souveraineté de l’Ukraine sur son territoire et ses infrastructures. Nous soulignons fermement l’importance des sept piliers de la sûreté et de la sécurité nucléaires définis par le Directeur général, M. Grossi.

Nous réaffirmons notre soutien total et constant à l’AIEA. Le personnel de l’AIEA doit pouvoir accéder à l’ensemble des installations nucléaires de l’Ukraine, en toute sûreté et sans obstacle, et dialoguer directement, sans ingérence, avec le personnel ukrainien chargé de l’exploitation de ces installations. La sécurité de toutes les personnes qui mettent en œuvre ces mesures doit être prise en compte pour renforcer la sûreté et la sécurité nucléaires et les garanties en Ukraine.

Nous encourageons tous les pays à soutenir les efforts de l’AIEA.

Entretien téléphonique avec Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni

Communiqué de la présidence de la République (9 août 2022)

Le président de la République s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre du Royaume-Uni, M. Boris Johnson, ce mardi 9 août 2022.

Le président de la République et le Premier ministre ont réaffirmé leur détermination à soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire, et à maintenir un haut niveau de coordination entre partenaires pour répondre aux besoins des Ukrainiens en matière militaire, humanitaire et économique.

Ils ont également évoqué la crise alimentaire causée par l’agression russe contre l’Ukraine. Les deux dirigeants ont réitéré leur soutien aux efforts européens pour permettre l’exportation de volumes par voies routière et fluviale, dans le cadre des « voies de solidarité. »

Le président de la République et le Premier ministre ont enfin abordé le renforcement de la relation bilatérale entre la France et le Royaume-Uni.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, Président de la République, avec M. Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine

Communiqué de la présidence de la République (1er août 2022)

Le Président de la République s’est entretenu par téléphone avec le Président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, ce lundi 1er août 2022.

Quelques jours après un nouveau massacre perpétré par les forces armées russes à Olenivka, et alors que les crimes de guerre se multiplient, le Président de la République a réaffirmé son soutien au peuple ukrainien et à sa résistance, et a dit sa détermination à faire en sorte que ces crimes ne restent pas impunis. Après l’envoi d’une équipe d’experts médico-légaux sur place, la France poursuit son soutien en la matière avec le don d’un laboratoire mobile d’analyse ADN.

Le Président de la République a interrogé le Président Zelensky sur ses besoins en matière militaire, humanitaire, et économique. Il a confirmé la volonté de la France de poursuivre le soutien aux forces armées ukrainiennes afin de leur permettre de résister à l’agression de la Russie.

Il est également revenu sur son déplacement au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau de la semaine passée, lors duquel il a fermement dénoncé la guerre menée par la Russie sur le plan informationnel, en particulier sur le continent africain. Le Président de la République et le Président ukrainien sont convenus de poursuivre leurs efforts conjoints pour contrer la désinformation russe à l’échelle mondiale.

Le Président de la République a salué le départ aujourd’hui du port d’Odessa d’un premier navire transportant des céréales ukrainiennes. Il a de même indiqué que les efforts européens pour exporter les grains ukrainiens par voies terrestre et fluviale se poursuivront dans le cadre des corridors de solidarité.

Enfin, le Président de la République a confirmé au Président Zelensky sa volonté d’assurer un soutien macroéconomique de court terme de l’Ukraine et à la reconstruction du pays./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

OSCE - La France salue la publication d’un deuxième rapport d’experts indépendants sur la guerre en Ukraine

Déclaration du porte-parole adjoint du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (15 juillet 2022)

La France salue la publication hier par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), d’un deuxième rapport d’experts indépendants "sur les violations du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Ukraine du 1er avril au 25 juin 2022", dans le cadre du mécanisme dit "de Moscou". Ce rapport a été lancé à l’initiative de 45 pays dont la France suite à l’agression russe contre l’Ukraine.

La France a pris connaissance avec une très vive préoccupation des conclusions de ce rapport qui met en évidence des "schémas clairs de violations graves du droit international humanitaire, imputables principalement aux forces armées russes". Les faits décrits dans le rapport sont particulièrement alarmants, notamment s’agissant des allégations de création de "centres de filtration" par la Fédération de Russie et de transfert de détenus vers les deux entités séparatistes de Donetsk et de Louhansk, où ils risquent la peine de mort.

La France reste résolument engagée aux côtés de l’Ukraine et des Ukrainiens, de ses partenaires internationaux ainsi que des juridictions internationales pour lutter contre l’impunité des auteurs de ces crimes. Les conclusions du rapport alimenteront les enquêtes en cours dans le but d’établir formellement les responsabilités juridiques et politiques pour les exactions commises sur le territoire ukrainien./.

Acheminement exceptionnel d’une aide médicale d’urgence par la France

Communiqué conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et du ministère de la Santé et de la Prévention (28 juin 2022)

À la demande des autorités ukrainiennes, le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en lien avec le Centre Opérationnel de Régulation et de Réponse aux Urgences Sanitaires et Sociales (CORRUSS) du ministère de la Santé et de la Prévention, les Agences régionales de santé et plusieurs hôpitaux français, a acheminé aujourd’hui du matériel médical vers l’Ukraine via la Slovaquie. Ce matériel sera remis au ministère de la Santé ukrainien.

Ce nouvel envoi français comprend un poste sanitaire mobile, composé de matériel médical et de médicaments, destiné à renforcer des structures d’urgence et permettant la prise en charge de 250 patients, ainsi que des dispositifs médicaux utilisés notamment pour l’anesthésie et la réanimation.

Cette opération, réalisée dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU), témoigne de la solidarité de la France envers le peuple ukrainien.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, président de la République avec M. Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine - Communiqué de la présidence de la République

17 mai 2022

Le président de la République s’est entretenu par téléphone avec le président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, ce mardi 17 mai 2022.

Le président de la République a interrogé le président Zelensky sur la situation sur le terrain, notamment à Marioupol alors que les évacuations de l’usine d’Azovstal se poursuivent, et sur les besoins de l’Ukraine. Il a réaffirmé sa pleine détermination à répondre à toutes les demandes d’appui exprimées par l’Ukraine, notamment en matériel de défense, en carburant, en aide humanitaire, en soutien économique et financier, et pour lutter contre l’impunité. Il a confirmé que les livraisons d’armes par la France se poursuivront et gagneront en intensité dans les jours et semaines qui viennent, de même que l’acheminement d’équipement humanitaire. Le weekend dernier ce sont 13 véhicules de secours additionnels qui ont été livrés, portant à plus de 800 tonnes l’aide humanitaire acheminée depuis le 24 février.

Ils ont évoqué le défi de la sécurité alimentaire et se sont à cet égard entretenus des voies possibles pour permettre les exportations de céréales ukrainiennes, dont dépend une grande partie du monde pour son alimentation.

Les deux présidents ont également évoqué les garanties de sécurité que la France pourrait apporter à l’Ukraine dans le cadre d’un accord international, afin d’assurer le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.

Le président de la République a d’autre part confirmé au président Zelensky que la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne serait étudiée lors du Conseil européen de juin sur la base de l’avis qu’aura rendu la Commission européenne, et dans l’esprit exprimé lors du sommet de Versailles par l’ensemble des pays membres déclarant que l’Ukraine fait partie de la famille européenne. Le président est à cette occasion revenu sur son discours au Parlement européen à Strasbourg le 9 mai dernier et sa proposition de "Communauté politique européenne", qui permettrait notamment d’accompagner les pays candidats dans le cadre de coopérations utiles pour tous.

[source : site Internet de la présidence de la République]

Soutien aux médias et aux journalistes dans le contexte de la guerre en Ukraine

5 mai 2022

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture saluent l’initiative de médias et de centres de formation au journalisme français en faveur des journalistes et médias ukrainiens ou russes que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine empêche d’exercer leur métier et contraint à quitter leurs pays. L’engagement des acteurs médiatiques français témoigne de leur solidarité professionnelle, de leur volonté de défendre la liberté d’informer et de leur contribution à la lutte contre la désinformation.

Dans le cadre de son fonds de soutien pour l’accueil des artistes et professionnels de la culture et des médias touchés par la guerre en Ukraine, le ministère de la Culture soutient la Maison des journalistes pour la mise en place d’une plateforme dédiée aux journalistes et à leurs familles : ukraine@maisondesjournalistes.org

Cette adresse permet leur orientation vers les offres d’hébergement, de mise à disposition de studios et de matériel, de formation et d’accompagnement au placement dans des rédactions.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères apporte son soutien aux démarches des journalistes en exil souhaitant être accueillis en France ainsi qu’aux actions en Europe du CFI (agence française de développement médias) pour l’accueil et la poursuite de l’activité d’information de ces journalistes, notamment au sein d’un hub en cours de développement par France Médias Monde à Bucarest, adossé à la rédaction de RFI România.

La France, qui a été à l’initiative du partenariat pour l’information et la démocratie en 2019 qui rassemble aujourd’hui 45 États, porte un attachement profond et déterminé à la défense de la liberté de presse, à la liberté d’expression et la protection des journalistes.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie - Communiqué de la présidence de la République

3 mai 2022

Le président de la République s’est entretenu par téléphone avec le président de la Fédération de Russie, M. Vladimir Poutine, ce mardi 3 mai 2022. Cet entretien intervient après l’échange téléphonique du président de la République avec le président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, le 30 avril dernier.

Le président de la République a souligné à nouveau l’extrême gravité des conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine.

Il a exprimé sa profonde préoccupation concernant Marioupol et la situation dans le Donbass, et appelé la Russie à permettre la poursuite des évacuations de l’usine d’Azovstal entamées ces derniers jours, en coordination avec les acteurs humanitaires et en laissant le choix aux évacués de leur destination, conformément au droit international humanitaire.

Il a également dit sa disponibilité à travailler avec les organisations internationales compétentes pour contribuer à lever le blocus russe des exportations de denrées alimentaires ukrainiennes par la mer Noire au regard de ses conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale.

Le président de la République a appelé la Russie à être à la hauteur de ses responsabilités de membre permanent du Conseil de sécurité en mettant un terme à cette agression dévastatrice.

Il a marqué sa disponibilité maintenue à oeuvrer aux conditions d’une solution négociée pour permettre la paix et le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Le président de la République a enfin renouvelé son exigence de cessez-le-feu.

Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec M. Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine - Communiqué de la présidence de la République

30 avril 2022

Le président de la République s’est entretenu par téléphone avec le président de l’Ukraine, M. Volodymyr Zelensky, ce samedi 30 avril 2022.

Le président de la République a réaffirmé auprès du président Zelensky sa volonté d’oeuvrer activement lors de son second mandat à rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en maintenant toujours une étroite coordination avec ses partenaires européens et alliés.

Le président a redit sa vive inquiétude face à la poursuite des bombardements russes sur les villes ukrainiennes, notamment celle survenue jeudi à Kiev au moment des visites du Secrétaire général des Nations unies et du Premier ministre bulgare. Il a dit sa préoccupation particulière pour la situation insupportable à Marioupol, malgré ses appels répétés adressés au président russe de respecter le droit international humanitaire.

Le président Zelensky a remercié la France pour ses envois de matériel militaire d’envergure qui contribuent à la résistance ukrainienne. Le président de la République a indiqué que cet appui continuera de se renforcer, de même que l’assistance humanitaire apportée par la France, s’élevant aujourd’hui à plus de 615 tonnes d’équipement acheminés dont du matériel médical, des groupes électrogènes pour les hôpitaux, de l’aide alimentaire, de l’aide pour l’hébergement, et des véhicules d’urgence. Il a également indiqué qu’à la demande des autorités ukrainiennes, la mission d’experts français contribuant au recueil de preuves pour lutter contre l’impunité et permettre le travail de la justice internationale relatif aux crimes commis dans le cadre de l’agression russe, se prolongera.

Il a aussi été question de l’avancée des négociations devant permettre une solution durable au conflit et un retour à la sécurité sur le continent européen. Le président de la République a à cet égard rappelé son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et la disponibilité de la France à contribuer à un accord prévoyant des garanties de sécurité à l’Ukraine./.

Entretien de Jean-Yves Le Drian avec Antony Blinken, secrétaire d’État américain - Déclaration de la porte-parole

27 avril 2022

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’est entretenu cet après-midi avec le Secrétaire d’État américain, M. Antony Blinken.

Les deux ministres ont évoqué notre coordination étroite et confiante sur la guerre en Ukraine. Le ministre a rappelé les efforts engagés par la France dans l’appui à l’Ukraine en matière d’équipements de défense. Les deux ministres ont discuté des initiatives possibles de nouvelles sanctions visant la Russie face à la poursuite par cette dernière de sa guerre d’agression contre l’Ukraine. Ils ont évoqué le sujet de la sécurité alimentaire et de l’initiative FARM portée par la France et l’Union européenne.

Les deux ministres ont également discuté de l’importance de notre relation avec les pays des Balkans occidentaux et de notre coordination pour assurer la stabilité et l’ancrage européen de ces partenaires face aux conséquences de la guerre en Ukraine.

Entretien de M. Jean-Yves Le Drian avec son homologue ukrainien - Déclaration de la porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères

25 avril 2022

Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, s’est entretenu aujourd’hui avec son homologue ukrainien, M. Dmytro Kuleba.

Le ministre a souligné dans ce nouvel échange, le douzième de l’année en cours entre les deux ministres, la continuité de la stratégie de la France dans le cadre du conflit ukrainien et notre détermination à poursuivre et approfondir l’appui apporté par la France à l’Ukraine, dans tous les domaines. Le ministre a évoqué à cet égard les décisions récentes prises par le Président de la République concernant la fourniture d’équipements de défense aux forces ukrainiennes, notamment dans le domaine de l’artillerie compte tenu des besoins ukrainiens particulièrement importants et urgents.

Les deux ministres ont également évoqué les paramètres d’un renforcement des sanctions européennes à l’encontre de la Russie soutenu par la présidence française du Conseil de l’Union européenne.

Les deux ministres ont évoqué la situation dramatique de Marioupol, sujette à des bombardements ininterrompus des forces russes. Le ministre a réitéré la demande portée par la France de libre circulation des populations civiles et de libre accès de l’aide humanitaire dans cette ville, comme dans le reste de l’Ukraine./.

Solidarité nationale envers l’Ukraine : second convoi de véhicules et de matériels de secours - Communiqué conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de l’Intérieur

Paris, 14 avril 2022

Après un premier convoi de 27 véhicules remis aux Ukrainiens le 26 mars, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur, s’appuient de nouveau sur la solidarité des services départementaux d’incendie et de secours.

Grâce à la continuité de cette mobilisation exceptionnelle, un second convoi organisé par les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Intérieur permettra d’acheminer le 15 avril jusqu’en Roumanie des véhicules et du matériel d’intervention qui seront offerts au service ukrainien des situations d’urgence mobilisé jour et nuit pour porter secours aux victimes.

100 sapeurs-pompiers, marins-pompiers et sapeurs-sauveteurs achemineront le 15 avril jusqu’à la frontière avec l’Ukraine les véhicules et matériels offerts : 12 véhicules d’incendie et 12 véhicules de secours à personne. Ils achemineront également 4 camions transportant 50 tonnes de matériels notamment du matériel de recherche et de sauvetage (matériel de localisation des victimes, de percement, de découpe, de désincarcération), du matériel de lutte contre les incendies (équipements de protection, échelles à main, tuyaux incendies, matériel de lutte contre les feux d’hydrocarbures). Une partie de ces matériels a été achetée grâce aux contributions des collectivités locales et des entreprises aux fonds de concours dédiés mis en place par le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Cette opération est coordonnée par la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises du ministère de l’Intérieur et le CDCS du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en lien avec notre ambassade en Ukraine.

Ces opérations réalisées dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU) témoignent de la solidarité de la France, de ses collectivités locales comme de ses entreprises envers le peuple ukrainien.

Lutte contre l’impunité - Communiqué conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice

Paris, 11 avril 2022

À la suite de la découverte d’exactions massives rapportées sur le territoire ukrainien dans les zones précédemment occupées par les forces russes, en particulier dans la ville de Bucha, la France est résolument engagée aux côtés des Ukrainiens, de ses partenaires internationaux et des juridictions internationales pour empêcher l’impunité d’actes insoutenables constitutifs de crimes de guerre.

Conformément aux instructions du Président de la République, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice sont pleinement mobilisés pour apporter un appui concret aux efforts déployés par les autorités ukrainiennes et par les juridictions internationales, notamment la Cour pénale internationale, dans le cadre des enquêtes qu’elles ont engagées dans le contexte de la guerre en Ukraine.

À la suite des exactions commises à Bucha, une équipe technique du ministère de l’Intérieur chargée d’apporter son expertise en matière d’identification et de recueil de preuves aux autorités ukrainiennes est arrivée en Ukraine ce matin. En accord avec les autorités ukrainiennes, elle pourra également contribuer à l’enquête de la CPI.

Elle est composée de deux médecins légistes et d’une quinzaine de gendarmes de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), experts des scènes de crime et d’identification des victimes. Ils disposent notamment de compétences reconnues en balistique, explosifs, prélèvement et traitement ADN, et empreintes digitales. Cette équipe sera en mesure de mettre en place une chaîne d’examen et d’identification de corps. Elle déploiera enfin un LAB’ADN, dispositif d’analyses génétiques rapide et projetable. Ce matériel a été développé par l’IRCGN.

Pour mémoire, la France soutient par ailleurs la Cour pénale internationale par l’envoi de deux magistrats, dix enquêteurs, ainsi que d’une contribution financière additionnelle exceptionnelle de 500.000 euros, en plus du financement annuel qu’elle apporte à son fonctionnement régulier.

Enfin, en tant que présidence du Conseil de l’Union européenne, la France portera dans les prochains jours à Bruxelles, une initiative visant à coordonner les contributions des États membres et des agences de l’UE, notamment Europol et Eurojust, pour mettre au jour et enquêter sur d’éventuels crimes de guerre en Ukraine.

Fidèle à ses valeurs, la France ne détournera pas le regard face à de telles atrocités.

Dans le cadre du soutien international apporté à l’Ukraine, la France octroie un prêt budgétaire de 300 millions d’euros au gouvernement ukrainien pour répondre à ses besoins financiers, économiques et humanitaires

Communiqué du ministère de l’économie, des finances et de la relance – Paris, 29 mars 2022

La France contribue activement à l’effort financier européen et international de solidarité avec l’Ukraine, pour l’aider à faire face à ses besoins de financement, alors que la situation humanitaire, financière et économique du pays s’est fortement dégradée depuis le début de l’invasion par la Russie.

Dans le cadre de l’engagement pris par le Président de la République, le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, a demandé au directeur général de l’Agence française de développement (AFD), de mettre en oeuvre, en urgence, un prêt budgétaire de 300 millions d’euros en faveur de l’Ukraine afin d’aider le pays à faire face aux conséquences économiques et sociales du conflit en cours. Le conseil d’administration de l’AFD a approuvé cette opération menée pour le compte de l’Etat.

Le 29 mars 2022, une convention de crédit pour cette opération a été conclue entre l’Ukraine et la France, via l’AFD. Le versement effectif des fonds interviendra dans les prochains jours. Ce soutien financier constitue un témoignage concret de la solidarité de la France avec le gouvernement et le peuple ukrainien.

Enquête de la Cour pénale internationale sur les crimes commis en Ukraine - Communiqué conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Justice

23 mars 2022

Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert, le 2 mars 2022, une enquête sur les crimes commis en Ukraine. Cette décision a été prise après que 41 États dont les 27 États membres de l’Union européenne, ont demandé d’accélérer l’ouverture de cette enquête par le Procureur de la Cour.

Sur cette base, ce dernier a demandé aux États de lui apporter une assistance financière et humaine pour le bon déroulement de son enquête.

La France rappelle sa ferme condamnation de l’agression injustifiable, illégale et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine. Les responsables des atrocités commises dans le cadre de cette agression doivent être poursuivis au nom de la lutte indispensable contre l’impunité.

En conséquence, la France, qui soutient indéfectiblement le travail essentiel mené par la CPI, mettra à disposition de cette dernière des magistrats, des enquêteurs et des experts, afin de permettre au Procureur de mener son enquête dans les meilleures conditions. Elle apportera également à la Cour, via le budget du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, un soutien financier exceptionnel à hauteur de 500 000€. Cette assistance financière pourra être complétée ultérieurement en cas de besoin. Pour mémoire, la France est déjà le troisième plus important contributeur au budget de la CPI.

Dans ce contexte, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, se rendra à la Haye (Pays-Bas) le 24 mars 2022, en tant que représentant de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), pour participer à une réunion des ministres de la Justice des États soutenant l’action du Procureur. M. Éric Dupond-Moretti encouragera à cette occasion les États participant à cette réunion à accroître leur soutien à la CPI.

Par ailleurs, M. Ladislav Hamran, président de l’Agence européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust) participera également à la réunion ce 24 mars. En effet, comme le Conseil des ministres de la Justice des États membres de l’Union européenne du 4 mars 2022 le lui a demandé, Eurojust pourra jouer un rôle majeur pour coordonner les enquêtes des juridictions nationales sur les allégations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en Ukraine et pourra apporter une aide déterminante dans la collecte des preuves par le Procureur de la CPI.

La France condamne le verdict à l’encontre d’A. Navalny, la confirmation de la dissolution de Memorial, et salue le courage des militants de la société civile russe qui sont aujourd’hui injustement poursuivis et condamnés pour leurs idées

23 mars 2022

"Nous condamnons fermement le verdict de neuf années de prison et 1,2 million de roubles d’amende prononcé le 22 mars par le tribunal de Lefortovo à Moscou à l’encontre de l’opposant et militant anti-corruption Alexeï Navalny.

Cette décision des autorités russes témoigne de l’acharnement judiciaire subi par M. Navalny, sa famille et ses proches collaborateurs. L’arrestation des avocats de M. Navalny, Olga Mikhailova et Vadim Kobzev, à l’issue de l’audience est très préoccupante et illustre les pressions exercées contre la défense.

Nous estimons que M. Navalny n’a pas bénéficié d’un procès équitable et n’a pas sa place en prison. Nous appelons une nouvelle fois les autorités russes à le libérer.

Nous condamnons également la décision de la Cour suprême de la fédération de Russie de rejeter la demande de report de la dissolution de l’ONG Memorial International.

Nous saluons le courage de M. Navalny, des membres de Memorial et de tous les militants de la société civile en Russie qui sont aujourd’hui injustement poursuivis et condamnés pour leurs idées."

Dons de matériels et de véhicules de secours - Communiqué de presse conjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et du ministère de l’Intérieur

22 mars 2022

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur, saluent l’élan de solidarité envers le peuple ukrainien dont ont fait preuve les services départementaux d’incendie et de secours de l’ensemble du territoire national.

Grâce à cette mobilisation exceptionnelle, un convoi organisé par les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Intérieur permettra d’acheminer le 23 mars jusqu’en Roumanie des véhicules et du matériel d’intervention qui seront offerts au service ukrainien des situations d’urgence mobilisé jour et nuit pour porter secours aux victimes.

100 sapeurs-pompiers et sapeurs-sauveteurs achemineront le 23 mars jusqu’à la frontière avec l’Ukraine les véhicules et matériels offerts : 11 véhicules d’incendie, 16 véhicules de secours à personne et 23 camions transportant 49 tonnes de matériels sanitaires et de secours (équipements de protection, échelles à main, tuyaux incendies, matériel médical…).

Cette opération est coordonnée par la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises du ministère de l’Intérieur et le Centre de Crise et de Soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Un convoi de 21 ambulances neuves parti le 22 mars complète ce don. Elles ont été achetées grâce aux contributions des collectivités territoriales et des entreprises versées aux fonds de concours dédiés gérés par le Centre de crise et de soutien.

Ces opérations réalisées dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU) témoignent de la solidarité de la France, de ses collectivités locales comme de ses entreprises envers le peuple ukrainien.

Entretien de Jean-Yves Le Drian avec son homologue ukrainien

17 mars 2022

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères d’Ukraine, M. Dmytro Kuleba.

Les deux ministres ont effectué un point de situation détaillé sur l’appui apporté par la France, conjointement avec ses partenaires, à l’Ukraine dans le contexte de la guerre provoquée par la Russie. Le ministre a confirmé le déblocage dans les prochains jours d’une enveloppe d’assistance financière de 300 millions d’euros, conformément à l’engagement pris par le Président de la République auprès du Président Zelensky. Il s’est engagé à poursuivre nos efforts au niveau européen pour renforcer le coût pour la Russie de la poursuite de ses opérations militaires. Il a par ailleurs présenté les différentes dimensions de l’appui humanitaire apporté par la France au bénéfice des personnes affectées par la guerre, dans et hors d’Ukraine.

Le ministre a exprimé sa très ferme condamnation des actions militaires menées par la Russie contre les populations civiles et les centres de population en violation du droit international humanitaire. Il a appelé à la mise en place urgente d’un cessez-le-feu complet sur l’ensemble du territoire ukrainien, comme la Cour internationale de Justice l’a demandé hier à la Russie. Un tel cessez-le-feu est seul à même de permettre des négociations sérieuses pour mettre fin au conflit. Enfin, le ministre a évoqué l’importance des discussions engagées sous l’égide de l’AIEA concernant la sécurité et la sûreté des installations nucléaires civiles en Ukraine.

Disparition du journaliste Pierre Zakrzewski - Déclaration de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

16 mars 2022

C’est avec une vive émotion que j’ai appris la mort en Ukraine du journaliste franco-irlandais Pierre Zakrzewski et celle de la journaliste ukrainienne Oleksandra Kuvshynova. Tous deux ont péri dans la même attaque, aux côtés de Benjamin Hall, grièvement blessé. Pierre Zakrzewski travaillait pour la chaine Fox news et avait couvert de très nombreux théâtres de guerre, en militant fervent de la liberté d’informer.

J’adresse à sa famille, à celle d’Oleksandra Kuvshynova et à leurs proches mes plus sincères condoléances et me tient à leur côté face à cette tragédie.

Après le décès de Brent Renaud, puis celui de Evgueni Sakoun dans l’attaque de la Tour TV de Kiev par les forces armées russes, je rappelle l’obligation qui incombe aux forces armées de protéger les journalistes conformément au droit humanitaire international et je condamne avec la plus grande fermeté toute action qui les prend pour cible.

La France réaffirme son engagement constant et déterminé en faveur de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et de la protection des journalistes et de tous ceux dont l’expression concourt à une information libre et plurielle et au débat public, partout dans le monde.

Ces événements illustrent l’extrême dangerosité aujourd’hui du théâtre ukrainien.

Déclaration du Groupe des directeurs du G7 sur la non-prolifération relative au cadre pour la sécurité et la sûreté nucléaires en Ukraine

15 mars 2022

Les chefs d’État et de gouvernement et les ministres du Groupe des Sept (G7) ont condamné l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine.

Profondément préoccupé, dans ce contexte, par les attaques russes contre des installations nucléaires en Ukraine et dans leur voisinage immédiat, et condamnant tout acte mettant en péril la sécurité des installations nucléaires destinées à des fins pacifiques,

Conscient que les risques pesant sur les civils qu’impliquent les dommages causés à un site nucléaire peuvent augmenter considérablement au cours d’un conflit armé et que les risques radiologiques d’un accident nucléaire touchant les civils et l’environnement ont des implications d’envergure transnationale,
Se félicitant des efforts déployés par le Directeur général de l’AIEA pour convenir d’un cadre pour la sécurité et la sûreté des installations nucléaires destinées à des fins pacifiques en Ukraine au cours de l’actuel conflit armé,

Le G7 souscrit résolument aux sept piliers présentés par le Directeur général, M. Rafael Grossi :

  1. L’intégrité physique des installations nucléaires, qu’il s’agisse des réacteurs, des piscines de combustible, ou encore des entrepôts ou des décharges de déchets radioactifs, doit être maintenue ;
  2. Tous les systèmes et équipements de sécurité et de sûreté doivent être en permanence en parfait état de fonctionnement ;
  3. Le personnel d’exploitation doit pouvoir s’acquitter de ses tâches liées à la sécurité et à la sûreté, dans des conditions de rotation du personnel appropriées, et pouvoir prendre des décisions dans ce domaine sans pression indue ;
  4. Une alimentation électrique hors site sécurisée à partir du réseau doit être assurée pour tous les sites nucléaires ;
  5. Des chaînes logistiques d’approvisionnement et des transports ininterrompus vers les sites et depuis ceux-ci doivent être assurées ;
  6. L’existence de systèmes efficaces de contrôle radiologique sur les sites et hors de ceux-ci ainsi que de mesures de préparation et de conduite des interventions d’urgence doit être assurée ;
  7. Des communications fiables avec l’organisme de réglementation, le cas échéant, doivent être assurées.

Nous soutenons les efforts déployés par le Directeur général pour convenir d’urgence d’un cadre pour la sécurité et la sûreté de toutes les installations nucléaires en Ukraine, dans le strict respect de la souveraineté de l’Ukraine sur son territoire et ses infrastructures. De plus, nous invitons instamment tous les pays à mettre à la disposition de l’AIEA toutes les ressources et tous les équipements nécessaires au soutien technique en faveur de l’Ukraine, et à assurer la sécurité des personnes mettant en œuvre les sept piliers dans les zones de conflit armé.

Nous remercions le Directeur général, M. Grossi, et ses équipes pour leurs efforts inlassables visant à convenir d’un cadre de soutien pour la sécurité et la sûreté des installations nucléaires civiles en Ukraine, et nous nous engageons à continuer à appuyer l’Agence pour faciliter l’application des sept piliers de sécurité et de sûreté des installations nucléaires destinées à des fins pacifiques.

Discours de Jean-Yves Le Drian au colloque organisé par Mémorial France

La France condamne avec la plus grande vigueur les frappes des forces armées russes ciblées contre l’hôpital pédiatrique de Marioupol

9 mars 2022

La France condamne avec la plus grande vigueur les frappes des forces armées russes ciblées contre l’hôpital pédiatrique de Marioupol, qui ont fait plusieurs victimes, y compris un enfant. Il s’agit d’une violation flagrante massive du droit international humanitaire.

Depuis une dizaine de jours, la ville de Marioupol et ses 300 000 habitants est assiégée par les forces armées russes et subit des bombardements incessants, qui ont causé la mort de très nombreux civils à ce jour. L’attaque est intervenue alors qu’un cessez-le-feu avait été agréé pour permettre l’évacuation de civils.

Les obligations de respect du droit international humanitaire s’imposent à toutes les parties à un conflit armé. Il importe que ces violations du droit humanitaire, potentiellement constitutives de crimes de guerre, ne restent pas impunies et puissent être documentées, notamment dans le cadre de l’enquête ouverte par le procureur général de la cour pénale internationale.

La France réitère ses appels à un cessez-le-feu immédiat sur l’ensemble du territoire ukrainien et à un accès humanitaire libre et sans entrave.

Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur chargée de la citoyenneté, lance la plateforme « Je m’engage pour l’Ukraine »

Paris, 8 mars 2022

Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur chargée de la citoyenneté, a lancé ce mardi 8 mars la plateforme Je m’engage pour l’Ukraine afin de venir en aide aux familles ukrainiennes qui fuient la guerre contre l’Ukraine et arrivent en France.

« Les Françaises et Français font preuve d’une immense générosité pour aider les Ukrainiens qui arrivent en France » a déclaré Marlène Schiappa. « Pour les accompagner, nous avons mis en place une plateforme dédiée pour concrétiser leurs initiatives avec l’aide des associations compétentes » a-t-elle ajouté.

Cette plateforme dédiée à l’accueil des familles Ukrainiennes en France, est accessible via le lien parrainage.refugies.info et permet à tous les citoyens français de proposer des services (Logement, cours de langues, aide alimentaire, traduction, interprétariat, aide administrative...). La plateforme met en relation avec les associations compétentes pour accompagner dans les démarches d’aide ou de proposition d’hébergement.

La plateforme permet aussi aux associations de se faire connaître, de recruter des bénévoles pour les aider à réaliser leurs missions et comporte également des informations utiles pour les Ukrainiens arrivés en France.

La ministre déléguée tiendra une conférence de presse jeudi 10 mars à 10h45 au Ministère de l’intérieur (Place Beauvau Paris 8) pour décrire le dispositif mis en place pour l’accueil des réfugiés ukrainiens en France et faire un point sur le suivi des flux de personnes déplacées arrivant sur le territoire national avec les acteurs concernés par l’accueil (DIAIR, DGEF)./.

Le président Emmanuel Macron condamne fermement toute atteinte à l’intégrité des installations nucléaires civiles ukrainiennes.

4 mars 2022

Le président de la République condamne fermement toute atteinte à l’intégrité des installations nucléaires civiles ukrainiennes provoquée par les forces russes dans la conduite de leur agression militaire contre l’Ukraine. Il est impératif de garantir leur sécurité et leur sûreté.

Le président de la République est extrêmement préoccupé des risques pour la sûreté, la sécurité nucléaires et la mise en œuvre des garanties internationales qui résultent de l’invasion russe de l’Ukraine. La France, avec ses partenaires internationaux, a demandé que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunisse en urgence.

La Russie doit cesser immédiatement ses actions militaires illégales et dangereuses afin de permettre le plein contrôle des autorités ukrainiennes sur toutes les installations nucléaires à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de l’Ukraine. La Russie doit également autoriser un accès libre, régulier et sans entrave du personnel des installations pour garantir la poursuite de leur exploitation en toute sécurité.

Le président de la République s’est entretenu ce jour avec le directeur général de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Il a salué et soutenu ses efforts pour la surveillance continue de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires en Ukraine en contact étroit avec les autorités ukrainiennes. La France proposera dans les prochaines heures avec ses principaux partenaires, sur la base de critères techniques de l’AIEA des mesures concrètes afin d’assurer la sureté et la sécurité des cinq principaux sites nucléaires de l’Ukraine.

La Russie et l’Ukraine doivent trouver un accord sur cette base et assurer ensemble la mise en œuvre des principes fondamentaux pour la préservation de la sécurité et la sûreté des installations nucléaires dans le contexte actuel.

La France se mobilise et achemine une aide médicale d’urgence en faveur des populations victimes du conflit

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Face à la situation humanitaire en Ukraine suscitée par l’invasion du pays par la Russie et en réponse à la demande des autorités ukrainiennes, la France a décidé de mobiliser une enveloppe financière de 100 millions d’euros pour apporter une réponse en faveur des populations victimes du conflit.

Outre un appui financier aux ONG et aux organisations multilatérales, notre assistance prend la forme d’une aide humanitaire d’urgence.

Un premier envoi de 33 tonnes de fret d’urgence acheminé par 4 camions depuis la France est arrivé dimanche soir en Pologne et a été remis aux autorités ukrainiennes hier. Ce fret provenant des stocks du Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et des stocks de la sécurité civile du ministère de l’intérieur est constitué de matériels destinés à abriter des personnes déplacées (notamment 500 tentes familiales, 2 300 couvertures, 1 000 kits hygiène, 2 000 tapis de sol, 300 sacs de couchage).

Un deuxième envoi constitué de 8 tonnes de fret médical d’urgence est acheminé aujourd’hui depuis la France grâce à deux avions de la sécurité civile en Pologne et sera remis aux autorités ukrainiennes. Ce fret comporte un "poste sanitaire mobile" composé d’un lot de médicaments et de matériel hospitalier destiné à renforcer des structures d’urgence et pouvant traiter jusqu’à 500 blessés de guerre. Ce fret comporte également un lot de 36 malles de médicaments, dédiées notamment à la pédiatrie et à la médecine générale, offert par la Fondation Tulipe.

Ces deux opérations s’inscrivent dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU).

A la demande des autorités polonaises, un appui humanitaire sera également apporté à ces dernières dans le domaine de l’aide médicale d’urgence pour la prise en charge en Pologne des réfugiés ayant quitté l’Ukraine.

D’autres opérations d’aide humanitaire en faveur de l’Ukraine sont à l’étude.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères active le fonds d’action extérieure des collectivités territoriales pour fédérer les initiatives et l’élan de solidarité exceptionnel avec le peuple ukrainien qui se développe dans les territoires.

1er mars 2022

Comme l’a annoncé M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères a activé le fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO) afin de fédérer les initiatives et l’élan de solidarité exceptionnel avec le peuple ukrainien dans les territoires.

Ce mécanisme permet à toutes les collectivités qui le souhaitent, quelle que soit leur taille, d’apporter leurs contributions financières. Mutualisées au sein d’un fonds géré par des équipes spécialisées du Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, ces contributions permettront de financer des opérations humanitaires d’urgence répondant aux besoins prioritaires des victimes du conflit.

Un mode d’emploi est disponible sur le site France diplomatie pour les collectivités territoriales souhaitant contribuer financièrement au FACECO : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/action-exterieure-des-collectivites-territoriales/article/fonds-d-action-exterieure-des-collectivites-territoriales-faceco

Un autre mécanisme sera également activé pour recevoir les contributions des entreprises qui souhaiteraient se mobiliser.

Face aux conséquences tragiques de l’invasion russe, les besoins humanitaires en Ukraine et dans les pays voisins sont très importants et vont s’inscrire dans la durée.

La France demeurera mobilisée aux côtés du peuple ukrainien.

Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères organisera très prochainement une réunion d’information et de coordination avec les collectivités territoriales.

Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de la Pologne

Łódź, 1er mars 2022

À l’occasion de notre réunion du Triangle de Weimar à Łódź, nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et de la Pologne, condamnons avec la plus grande fermeté l’invasion non provoquée de l’Ukraine par les forces armées de la Fédération de Russie, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies. Nous condamnons également la participation de la Biélorussie à cette agression contre l’Ukraine et appelons Minsk à respecter ses obligations internationales.

L’agression de la Russie contre l’Ukraine constitue la menace la plus grave pour la sécurité euro-atlantique depuis des dizaines d’années. Nous déplorons les pertes humaines tragiques, les immenses souffrances humaines et destructions causées par les actions russes.

Nous exigeons que les autorités russes cessent immédiatement leurs opérations militaires et retirent sans conditions l’ensemble de leurs forces et de leur matériel militaire de la totalité du territoire de l’Ukraine.

Nous réaffirmons notre soutien constant à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de ce pays dans ses frontières internationalement reconnues.

Nous saluons la réaction rapide, unie et déterminée de l’Union européenne (UE) et de l’ensemble de ses États membres, avec l’adoption de mesures de restriction nouvelles et étendues. Ces sanctions sans précédent, coordonnées avec nos partenaires et nos Alliés, proportionnelles à l’ampleur des violations du droit international et des principes fondateurs de la sécurité européenne, auront des conséquences profondes et durables pour la Russie.

L’Allemagne, la France et la Pologne saluent l’unité et la confiance dont a fait preuve la communauté transatlantique au cours des dernières semaines pour trouver une solution diplomatique. Nos pays sont unis, aux côtés de nos autres Alliés, pour se défendre mutuellement, conformément à l’Article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Ils continueront de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la défense de l’ensemble des Alliés. Nous avons pris des mesures pour renforcer notre contribution à la posture de dissuasion et de défense dans l’est de l’Alliance et nous sommes prêts à répondre à toute éventualité. Nos mesures sont et demeurent préventives, proportionnées et non susceptibles de provoquer une escalade.

Nous restons très préoccupés par la menace que peut représenter l’agression militaire russe pour la vie des Ukrainiens et de nos ressortissants restés en Ukraine, ainsi que pour la sécurité et la sûreté du personnel de la mission spéciale d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont certains membres se trouvent toujours dans le pays. Nous considérons que la Russie est responsable de leur sécurité.

Nous reconnaissons les aspirations européennes de l’Ukraine et son choix de l’Europe. Nous sommes prêts à soutenir l’Ukraine, son gouvernement et sa population dans ce moment difficile et vital, sur les plans économique et financier, en fournissant du matériel militaire et humanitaire, ainsi qu’en envoyant des messages politiques forts à tous les niveaux possibles, de manière bilatérale et dans les organisations internationales. À cet égard, nous saluons la décision adoptée le 27 février par le Conseil de l’Union européenne de mettre en place des mesures d’assistance pour soutenir l’Ukraine au titre de la Facilité européenne pour la paix pour un montant de 500 millions d’euros, ce qui contribuera à renforcer les capacités et la résilience des forces armées ukrainiennes.

Nous réaffirmons la détermination de l’Allemagne, de la France et de la Pologne à renforcer l’association politique et l’intégration économique de l’Ukraine avec l’Union européenne et son marché intérieur. Nous exprimons notre soutien à la politique de la porte ouverte de l’OTAN, ainsi qu’à sa coopération politique et pratique avec l’Ukraine dans le domaine de la défense, dans le but d’aider ce pays à développer ses capacités et sa résilience. Nos pays se tiennent aux côtés de la population ukrainienne et de ses institutions et représentants élus démocratiquement.

L’Allemagne, la France et la Pologne, qui assurent actuellement respectivement la présidence du G7, de l’UE et de l’OSCE, partagent une responsabilité particulière dans le maintien de la paix, de la stabilité et de la prospérité sur le continent européen. Nous soulignons que la diplomatie reste la meilleure voie à suivre dans la situation sécuritaire actuelle. Nous regrettons le refus et le rejet par la Russie de l’ensemble de nos efforts diplomatiques, y compris dans le cadre de l’OSCE. Nous réaffirmons que les principes énoncés dans l’Acte final d’Helsinki et les documents ultérieurs de l’OSCE restent les fondements de l’architecture de sécurité en Europe. Rien ne peut justifier, sur le territoire de l’OSCE comme partout ailleurs, de recourir à la violence armée et à l’agression contre des États souverains pour résoudre des tensions géopolitiques.

Entretien de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, avec BFM TV

Paris, 28 février 2022

[Seul le prononcé fait foi.]

Bonsoir Monsieur le Ministre. Nous sommes au cinquième jour de guerre, cinquième jour de l’offensive russe ; l’Europe a pris des sanctions extraordinairement sévères. L’Europe et la France envoient des armes à l’Ukraine. La question est de savoir si ça va permettre ou pas d’arrêter Poutine. Est-ce que ces sanctions, ces mesures, cette aide avec des armes, des avions, des munitions, est-ce que tout cela va permettre d’arrêter Poutine ?
LE MINISTRE – D’abord, je ne suis pas certain que le Président Poutine imaginait que son opération allait être aussi difficile. Ce qui me frappe, comme je crois tous nos concitoyens, c’est la force de résistance du peuple ukrainien et sa capacité à bloquer l’entrée des forces russes en Ukraine, à bloquer la prise de contrôle par la Russie de leur souveraineté. Et c’est très impressionnant, parce que je pense que le Président Poutine n’a pas compris ou a compris un peu tard qu’il était en train de perdre la bataille de la communication et que par ailleurs, il ne s’attendait sans doute pas à voir une telle réprobation au niveau international et en même temps une telle union des Européens pour soutenir et accompagner le peuple ukrainien dans son combat pour son indépendance. Et ça, c’est extrêmement fort.

Après, est-ce que les sanctions vont suffire ? Je l’espère, parce que le paquet de sanctions qui a été mis en oeuvre au niveau européen, qui est considérable, à la fois les sanctions financières, le fait qu’il y ait le gel des avoirs de la banque centrale russe, le fait que les banques russes ne puissent plus travailler avec la messagerie SWIFT, le fait que les oligarques soient poursuivis dans leurs actifs même, tout cela va commencer à perturber complètement le système russe et étouffer l’économie russe. Et ça va se mettre en oeuvre tout de suite ; c’est en oeuvre dès à présent. Donc, c’est une forme d’espoir que l’on a, de soutien, de volonté d’être près des Ukrainiens et de faire en sorte que leur combat soit partagé par tous.

On livre des armes, on livre des avions ; les armes sont en cours de livraison ?
Oui, et la grande nouvelle, c’est que l’Union européenne a décidé solidairement d’apporter son soutien en armes, en matériels, en équipements de défense auprès des Ukrainiens ; c’est un changement considérable de position. Et c’est aussi, d’une certaine manière, la traduction de l’Union des Européens en soutien à l’Ukraine. Et c’est aussi, d’une certaine manière, l’affirmation de l’Europe puissance, et c’est le fait que le Président Poutine voulait nous séparer, nous diviser sur ces sujets ; il a réussi le contraire.

Alors d’accord on livre des armes, est-ce que ça veut dire que l’Union européenne, que la France est en guerre contre la Russie ?
Non, nous ne sommes pas cobelligérants ; nous ne sommes pas partie prenante du combat ; nous sommes en soutien d’un peuple qui se bat contre une invasion.

On livre des armes, mais il n’est toujours pas question d’envoyer des soldats se battre en Ukraine contre les troupes russes ?
Nous ne sommes pas cobelligérants.

Donc pas de soldats ?
Pas de soldats.

Alors, pas de soldats, mais il y a des Français qui sont très inquiets en Ukraine, dont la vie est sans doute menacée, qui cherchent à quitter l’Ukraine - on parlait hier de 1.200 Français, il y a l’ambassadeur - qu’est-ce qu’on fait pour permettre aux Français de quitter l’Ukraine dans des conditions de sécurité acceptables ?
Il y a deux choses : d’abord, la situation de nos ressortissants, à peu près un millier, à qui on conseillait jusqu’à présent de ne pas bouger. Il semble bien qu’il y ait là dans les heures qui viennent une fenêtre d’opportunité à la suite de la fin du couvre-feu et à la suite aussi de déclarations russes indiquant que les concitoyens ukrainiens pouvaient quitter librement, par le Sud ; et donc nous accompagnons les Français, nos ressortissants qui prennent la route vers la Roumanie, la Moldavie, la Hongrie, la Slovaquie, où ils seront accueillis par nos agents qui sont sur place pour assurer leur suivi, dès l’arrivée, sur les autres pays voisins et qui, à ce moment-là, les prendront en sécurité.

Ça veut dire qu’ils ont quitté Kiev ? Ils sont en convoi ?
Certains peuvent quitter Kiev maintenant dans ces conditions-là, nous les suivons individuellement ; nous avons le numéro de téléphone par le centre de crise, ici, de tous les Français qui sont en Ukraine et qui ont bien voulu nous donner leurs coordonnées ; ils sont suivis de très près. Ils ne sont pas suivis par des convois parce que ce n’est pas possible en ce moment, vu le nombre, mais cette opportunité est là et il faut essayer de la saisir.

Mais est-ce qu’ils sont protégés ? Est-ce que le GIGN qui est à Kiev, les accompagne ?
Non, ils ne sont pas protégés. Non, on est dans une situation où on ne peut pas faire ça, mais on est dans une situation où cette voie du Sud est maintenant sans doute assez libre, autant en profiter maintenant parce que le moment est opportun.

Vous avez des garanties de la Russie, de Poutine, que ces convois, cette route du Sud ne sera pas attaquée, bombardée ?
La Russie a déclaré que cette voie allait rester libre. Encore faut-il qu’il la respecte, mais dans l’entretien que le Président de la République a eu avec le Président Poutine tout à l’heure, le Président Poutine a encore garanti cette opportunité.

Et l’ambassadeur de France…
Alors c’est le deuxième sujet, sur l’ambassade… nous avons décidé, à la demande du Président de la République, de transférer notre ambassade qui était jusqu’à présent à Kiev et en raison des risques et des menaces qui pèsent sur la capitale de l’Ukraine, l’ambassade est transférée à Lviv, vers l’Ouest ; l’ambassadeur reste en Ukraine pour être en soutien à la fois de nos ressortissants et aussi des autorités ukrainiennes.

Ça veut dire que sa vie…
Ça se fait en ce moment…

Sa vie était menacée, s’il restait à Kiev ?
Ça veut dire que les risques et les menaces étaient suffisamment importants pour que l’on puisse délocaliser le siège de notre ambassade par mesure de précaution.

Et ça veut dire que l’offensive se poursuit contre Kiev qui pourrait éventuellement être prise par les Russes ?
Ça veut dire qu’on sait que les opérations présentent des risques aujourd’hui avec l’encerclement de Kiev, mais ça veut dire aussi que notre ambassadeur reste en Ukraine.

Alors, Vladimir Poutine a brandi la menace nucléaire ; il a mis en alerte sa force de dissuasion. Est-ce que ça veut dire qu’on est effectivement dans une situation de risque d’attaque nucléaire de la Russie ?
C’est une menace qu’il a déjà engagée le 24 février lorsqu’il a annoncé les premières opérations ; c’est une menace qu’il vient de renouveler ; c’est une menace inutile, disproportionnée ; j’allais dire même une menace d’escalade qui n’a pas de sens et qui est contraire en plus aux engagements qu’avait pris la Russie de mesurer les risques majeurs stratégiques, début 2022, très publiquement. Donc, je renvoie cette agitation à une forme d’inquiétude.

Mais vous avez dit, vous, que l’Alliance atlantique était une alliance nucléaire, et ça n’a pas empêché Poutine le lendemain de dire : je mets en alerte mon arme nucléaire…
Je n’ai rien d’autre à dire là-dessus.

Mais on est en situation de risque d’un conflit nucléaire, aujourd’hui, en Europe ?
Je n’ai rien d’autre à dire que ce que je viens de dire sur ce sujet ; c’est une menace inappropriée qui fait une escalade tout à fait inutile, dont la responsabilité est russe et c’est un déclaratoire qui n’a pas de sens.

On s’interroge tout de même sur Vladimir Poutine ; on a parlé de son caractère devenu très isolé, très paranoïaque, bunkerisé ; est-ce que ce Poutine-là peut menacer finalement non seulement l’Ukraine, mais aussi le reste de l’Europe ?
Je viens de le dire, c’est un déclaratoire qui n’a pas de sens, et nous renvoyons cette responsabilité du discours au Président Poutine qui doit être devant les difficultés de pénétration de ses forces en Ukraine aujourd’hui.

Donc finalement, c’est une forme de faiblesse lorsqu’il brandit la menace de l’arme nucléaire ?
C’est une agitation qui n’a pas de sens.

Et sur le plan personnel, est-ce que vous jugez que Poutine est apte à gouverner la Russie ?
Ce n’est pas à moi de le dire. Il se comporte comme dans une dérive autoritaire insupportable. C’est un leader qui envahit un État voisin, qui veut le dominer, qui veut en faire une espèce de vassal ; chacun pourra apprécier ce que ça veut dire pour le personnage de Poutine.

On voit des craquements dans la société russe, des oligarques, même, qui s’étonnent de ce qui se passe et qui s’inquiètent surtout. Est-ce que…
Les oligarques ont intérêt à faire attention à eux-mêmes, parce que la liste des oligarques, qui sont aujourd’hui ciblés par l’Union européenne, est très importante, non seulement dans leurs actifs mais y compris avec la possibilité, on va le faire au niveau français, de saisir les biens. Donc, je suis oligarque, aujourd’hui, russe, soit en Russie, soit en Europe, je m’inquiéterais.

Mais est-ce qu’on peut imaginer qu’il y ait, je dirais, une révolte à l’intérieur du système dans le premier cercle ? Est-ce que Poutine pourrait être menacé dans son pouvoir ?
Moi, je ne suis pas devin. Je constate l’évolution des choses, je constate les rapports de force. Je constate aussi la forte détermination internationale en soutien au peuple ukrainien. Je constate aussi la force de l’unité européenne en soutien en particulier en matière d’accueil des réfugiés, en matière de soutien humanitaire, c’est tout à fait essentiel.

Les Américains ont appelé leurs ressortissants à quitter la Russie ; est-ce que vous, vous appelez les Français qui sont en Russie à quitter la Russie ?
On a fait savoir que ceux parmi nos ressortissants qui étaient présents en Russie pour des raisons uniquement de passage, qu’il était convenable qu’ils rentrent.

Ils ne sont pas en danger ?
Pas pour l’instant.

Le Président Poutine a redemandé aujourd’hui, semble-t-il, au Président de la République si le monde occidental et l’Europe pouvaient reconnaître l’annexion de la Crimée. Est-ce que la ligne peut changer, ou est-ce que c’est catégoriquement « niet » ?
Dans les relations qu’il faut avoir maintenant avec la Russie, il y a un préalable à tout, c’est le cessez-le-feu, et nous allons au Conseil de sécurité, ce soir, déposer une résolution qui demande un cessez-le-feu. La preuve qu’il y aura une possibilité de pourparlers possibles, demain, c’est le cessez-le-feu ; et le cessez-le-feu doit permettre l’acheminement de l’aide humanitaire en Ukraine. C’est ce que nous demandons au Président Poutine immédiatement. Ça serait la preuve d’un signal. Pour l’instant, il n’est pas là.

Et vous croyez aux négociations qui se sont engagées entre les Ukrainiens et les Russes en Biélorussie, à la frontière ?
Ce ne sont pas des négociations pour l’instant, ce sont des pourparlers.

Vous y croyez ?
Ils ont eu lieu. Ils vont se revoir. Tant que c’est ça, c’est plutôt mieux que rien, mais encore faut-il rentrer dans une phase de négociation, ce qui n’est pas encore le cas.

On peut négocier avec Poutine ?
Je souhaite qu’il puisse se rendre compte de l’évolution du rapport de force tel qu’il est aujourd’hui et du fait qu’il a perdu la bataille de la communication.

On a vu cette image extraordinaire aujourd’hui à Kiev : le Président Zelensky a publié ces photos où il signe, dans son bunker, la déclaration de demande d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne…
Oui, c’est un acte fort…

Qu’est-ce que ça veut dire ? Et est-ce qu’il est possible, aujourd’hui, que compte tenu de l’agression dont il est victime, finalement, l’Union européenne fasse un geste et relance le processus d’adhésion de l’Ukraine ?
Ce n’est pas comme ça que se posera la question ; il est certain que la situation après la guerre - j’espère qu’on sera dans cette situation le plus rapidement possible - aboutira à ce que la relation entre l’Union européenne et l’Ukraine change. Mais il faudra mettre tout l’ensemble des éléments sur la table et dans la discussion. L’Europe après la crise ukrainienne ne sera plus la même, et la relation entre l’Ukraine et l’Union européenne, évidemment, ne sera plus la même.

Ursula von der Leyen qui est à Paris, a dit : « Ils sont des nôtres », en parlant des Ukrainiens, ça veut dire que…
Oui, ce sont des Européens évidemment ; ils ont la même culture que nous évidemment ; et ils ont les mêmes valeurs que nous, évidemment.

Est-ce que vous pouvez qualifier l’acte signé aujourd’hui par le Président ukrainien ?
Je pense que le Président ukrainien prend des initiatives politiques et il a raison de le faire. Et je pense, je vous le redis, que les relations entre l’Ukraine et l’Union européenne demain seront certainement amenées à changer, en raison d’abord de l’affirmation européenne qui est très forte dans ce conflit, en raison aussi du renforcement de l’Union européenne et puis en raison aussi du combat exemplaire des Ukrainiens.

Le Président Zelensky a dit : « Je suis la cible numéro un des Russes » ; on dit qu’il y a des commandos qui sont chargés de l’assassiner, qui ont été envoyés dans les rues de Kiev, c’est pour ça qu’on a établi un couvre-feu. Est-ce que sa vie est menacée ?
Je pense qu’il est conscient des risques qu’il prend, mais je voudrais dire ici mon admiration pour à la fois son sang-froid, sa détermination, son art de la communication et sa manière d’être auprès de son peuple pour permettre à ce peuple de se défendre et de garder sa fierté.

Mais vous pensez que sa vie est menacée ?
Il dit à plusieurs reprises qu’il veut rester auprès de son peuple pour combattre et je pense qu’il est remarquable dans cette détermination.

Est-ce que la France pourrait aider à l’exfiltrer ?
Je n’ai rien d’autre à dire.

Une dernière question Monsieur le Ministre : aujourd’hui, Ursula von der Leyen demande que les médias russes - RT, Spoutnik - soient bannis de l’Europe ; est-ce que la France et vous-même, vous demandez aussi l’interdiction de ces médias russes qui sont accusés de propager des fake-news et de diffuser la propagande du Kremlin ?
C’est une propagande de guerre. Ce sont des outils de diffusion de guerre qui instrumentalisent, qui déversent des contrevérités et qui sont en soutien de l’agresseur. Donc, il faut les interdire, bien évidemment, mais il faut les interdire en Européens. Et ça va être le cas dans les heures qui viennent.

Et à Paris, il va y avoir une décision…
C’est une décision européenne qui s’appliquera dans toute l’Europe.

A partir de quand ?
Dans les heures qui viennent.

C’est-à-dire ce soir… ?
Je ne suis pas avec un chronomètre. Dans les heures qui viennent.

Une dernière chose : pour les Français qui nous regardent, il y a une émotion absolument considérable quand on voit ces réfugiés, ces familles, ces enfants qui quittent leur pays ; un demi-million d’Ukrainiens ont déjà quitté leur pays ; il y a plusieurs millions d’Ukrainiens qui sont sur les routes de l’exode. Qu’est-ce que vous dites aux Français face à ce mouvement de population absolument incroyable, le plus incroyable depuis la Seconde guerre mondiale ?
Il y a une solidarité émotionnelle considérable, mais il y a aussi une solidarité active puisque les Européens ont décidé de coordonner tous leurs efforts, à la fois pour assurer l’accueil de ces réfugiés, et puis aussi à la fois pour faire en sorte que l’aide humanitaire arrive aux Ukrainiens qui n’ont pas pu quitter leur pays. Je vais me rendre demain en Pologne pour constater avec le ministre polonais et la ministre allemande l’état d’avancement de cette espèce de hub humanitaire et de hub d’accueil des réfugiés que nous voulons faire en Pologne. Je suis aussi frappé de l’ampleur des demandes qui sont formulées par les collectivités locales françaises. Je vais donc prendre l’initiative de créer un fonds d’accueil des financements apportés par les collectivités françaises, en soutien à l’effort humanitaire et à l’effort d’accueil des réfugiés que nous allons initier au niveau européen. On va se réunir dans les jours qui viennent pour mettre tout ça dans une dynamique très forte.

La France est prête pour les accueillir ?
Je le sens et je pense que c’est un devoir ; c’est un devoir d’asile, au sens strict du terme.

Merci Jean-Yves Le Drian et donc on va suivre, évidemment, sur BFM TV, les rebondissements de cette crise et surtout pour voir si cette nuit, à Kiev, on arrive ou pas à un cessez-le-feu. En tout cas, merci de nous avoir reçus ici au Quai d’Orsay.
Merci beaucoup.

Entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie

28 février 2022

Le président de la République s’est entretenu avec le président de la fédération de Russie, M. Vladimir Poutine, ce lundi 28 février 2022.

Le président de la République a réitéré la demande de la communauté internationale de cesser l’offensive russe contre l’Ukraine, et réaffirmé la nécessité de mettre en œuvre un cessez-le-feu immédiat.

Alors que les discussions commencent entre les délégations russe et ukrainienne, le président de la République a demandé à ce que soient respectés sur le terrain :

  • un arrêt de toutes les frappes et attaques contre les civils et lieux de résidence ;
  • une préservation de toutes les infrastructures civiles ;
  • une sécurisation des axes routiers, en particulier la route du sud de Kiev.

Le président Poutinea confirmé sa volonté de s’engager sur ces trois points.

Le président de la République a demandé le respect du droit international humanitaire et la protection des populations civiles comme de l’acheminement de l’aide, conformément à la résolution portée par la France au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le président de la République a proposé au président russe de rester en contact dans les jours qui viennent afin de prévenir l’aggravation de la situation. Le président Poutine lui a donné son accord.

Compte rendu du Conseil de défense sur la situation en Ukraine par Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance

28 février 2022

Conférence de presse à la suite de la réunion extraordinaire du Conseil européen

25 février 2022

Propos liminaires du président de la République

Nous avons donc tenu ce conseil européen dans le contexte qui a été rappelé par Monsieur le président et Madame la présidente VON DER LEYEN, celui, non pas d’une crise, mais d’une guerre et du choix qui a été fait par le président POUTINE de lancer une série d’opérations militaires massives - et non pas ciblées, comme il l’a dit lui-même il y a quelques heures, sur le Donbass, mais bien des opérations militaires massives sur plusieurs centaines de civils ukrainiens, comme l’a confirmé, il y a quelques heures le président ZELENSKY lui-même.

Face à cette situation de guerre, nous devons en tirer toutes les conclusions. Celles que le choix du président POUTINE, qui est de vouloir faire bégayer l’histoire européenne et nous ramener à des logiques d’empires et de confrontations. La deuxième, c’est de bafouer tous les principes qui président au droit international, aux chartes et traités, souverainement signés par la Russie ces dernières décennies. Face à ce choix, d’abord nous avons décidé d’anticiper et de rester unis, et nous l’avons fait depuis le début. Notre unité, nous l’avons d’abord conçue pour discuter et donner toutes ses chances à la diplomatie, sans naïveté, sans concession, par un dialogue exigeant que nous avons conduit dans le cadre du format dit de Normandie avec l’Allemagne, et également par les contacts de plusieurs collègues européens et que nos institutions ont pu prendre ces dernières semaines. C’est le choix délibéré du président russe de ne pas saisir cette voie. L’unité et la préparation, c’est celle aussi qui a présidé aux travaux menés par la Commission et je veux remercier Madame la Présidente et ses équipes qui ont fait que durant le mois qui vient de s’écouler, toutes les semaines qui viennent de s’écouler, l’Union européenne a travaillé étroitement avec l’ensemble de ses alliés britanniques, canadiens, américains pour concevoir l’ensemble des sanctions, dont une nouvelle étape a été ce soir actée politiquement par l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement.

Tout cela a été préparé et conçu. Et donc ce soir, nous avons décidé, et je ne reviendrai pas sur la liste qui vient d’être détaillée par Monsieur le Président et Madame la Présidente, très claire, qui est une première réponse. L’Union européenne a donc décidé ensemble d’infliger des coups très sévères à Moscou sur, à la fois, des personnes et des secteurs. Elles seront complétées aussi par des mesures gouvernementales. Et ce matin, j’ai demandé plusieurs travaux, en particulier, sur des biens personnels et une série de personnalités en complément de ces mesures. Ces sanctions viseront également le régime biélorusse, qui est complice dans cette offensive russe. Et je veux insister sur ce point compte tenu des évolutions récentes des dernières semaines.

Le deuxième élément que nous avons acté tous ensemble, sur lequel je voulais ici revenir, c’est évidemment le soutien à l’Ukraine. Une aide économique sans précédent à l’Ukraine a été actée, avec l’adoption d’un paquet d’aide macro-financière de 1,2 milliard d’euros. Elle ira plus loin et continuera à mobiliser tous les moyens financiers et matériels. Je veux ici dire que la France contribuera à cet effort supplémentaire avec 300 millions d’euros pour l’économie ukrainienne et nous sommes prêts à continuer à livrer des matériels militaires et de soutien à la population, comme j’ai pu le dire au président ZELENSKY.

Troisième élément, c’est celui de la protection des Européens et de l’ensemble des nations et des peuples. Protection militaire ; j’ai confirmé ce jour, nous avons notifié à l’OTAN et j’aurai l’occasion de rentrer dans le détail demain lors du sommet OTAN que nous tiendrons : la France continuera à jouer pleinement son rôle de réassurance des alliés de l’OTAN en envoyant en Estonie un nouveau contingent au sein de la présence avancée renforcée, en anticipant sa participation à la police du ciel balte dès le mois de mars et en accélérant aussi son déploiement en Roumanie. Au-delà de cela, je rappelle que nous sommes nation-cadre de la VGTF ; nous tiendrons notre rôle. Je l’ai rappelé, nous serons aux côtés de nos alliés de manière infaillible.

Protection économique aussi, avec l’adoption rapide de mesures pour faire face à cette crise d’une exceptionnelle gravité, en particulier s’agissant des prix de l’énergie, pour que les citoyens européens et nos entreprises soient pleinement protégés. Et puis, protection de notre démocratie, de nos opinions publiques dans le contexte qui vient d’être rappelé, avec des initiatives supplémentaires que nous prendrons en matière de cyber et en matière de lutte contre la désinformation qui est en train d’être propagée sur les réseaux sociaux et par plusieurs relais de propagande russes sur le sol européen. Enfin, pour conclure, je rejoindrai ce qu’a dit le président MICHEL, que je remercie aussi pour l’ensemble des initiatives qu’il a coordonnées, prises ces derniers jours et ces dernières semaines, et ce que la présidence européenne n’a pu dire.

Nous avons là, je crois, pleinement démontré la nécessité pour notre Europe d’accélérer son agenda de souveraineté. Les temps tragiques de l’histoire reviennent. La guerre est là, sur notre sol. Et donc, si besoin était d’avoir la démonstration que l’Europe n’est pas simplement un marché de consommateurs, mais bien une puissance qui doit penser son indépendance énergétique, sa transition climatique par elle-même, qui doit penser une Europe de la défense capable de protéger ses frontières, ses citoyens et de se projeter vers ses alliés entre autres choses et évidemment aussi, une souveraineté technologique. La guerre que nous sommes en train de vivre nous le démontre cruellement. C’est pourquoi nous continuerons l’agenda amorcé ces derniers mois, ces dernières années pour l’accélérer encore car nous avons là, la démonstration que dans les temps tragiques que nous vivons, l’Europe n’a d’autre choix que de redevenir peut-être, de devenir oserai-je dire, une puissance. Je vous remercie.

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’adresse aux Français (24 février 2022)

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes,

Cette nuit, la Russie a engagé une attaque militaire massive contre l’Ukraine.

Ce choix délibéré, qui contrevient à tous les engagements pris par les autorités russes, est une violation de la Charte des Nations unies et des principes fondateurs de l’ordre européen et international.

Dans cette épreuve, la France se tient aux côtés de l’Ukraine. Je veux saluer le courage et la détermination du Président ukrainien, des autorités et du peuple. Leur liberté est la nôtre.

En reniant sa parole, en refusant la voie diplomatique, en choisissant la guerre, le Président Poutine n’a pas seulement attaqué l’Ukraine, il a décidé de bafouer la souveraineté de l’Ukraine. Il a décidé de porter l’atteinte la plus grave à la paix, à la stabilité dans notre Europe depuis des décennies.

Nous avions anticipé ensemble cette crise en menant un dialogue exigeant. Et aux cotés des alliés, des partenaires européens, nous avons tout fait pour l’éviter. Elle est là. Et nous sommes prêts.

A cet acte de guerre, nous répondrons sans faiblesse avec sang-froid, détermination et unité.

Nous prendrons des décisions lors du G7 cet après-midi, du Conseil européen qui se tiendra ce soir à Bruxelles et du sommet de l’OTAN qui se tiendra dans les prochaines heures.

Nous demanderons à la Russie de rendre des comptes au Conseil de sécurité des Nations unies et tâcherons de bâtir l’unité internationale.

Les sanctions portées à la Russie seront à la hauteur de l’agression dont elle se rend coupable.
Sur le plan militaire et économique autant que dans le domaine de l’énergie, nous serons sans faiblesse.

Nous appuierons l’Ukraine, sans hésiter, et nous prendrons toutes nos responsabilités pour protéger la souveraineté et la sécurité de nos alliés européens.

Mes chers compatriotes,

Les évènements de cette nuit sont un tournant dans l’Histoire de l’Europe et de notre pays. Ils auront des conséquences durables, profondes sur nos vies.

Ils auront des conséquences sur la géopolitique de notre continent et nous saurons ensemble y répondre.

Je veux vous dire ma détermination à vous protéger, sans relâche. Protéger nos compatriotes exposés en Ukraine, protéger tous les Français et prendre les décisions qui s’imposeront quant aux conséquences directes et indirectes de cette crise.

En ces heures troubles où renaissent les fantômes du passé et où les manipulations seront nombreuses, ne cédons rien de notre unité. Unité autour de nos principes de liberté, de souveraineté et de démocratie. Ces principes nous ont fait et continuent de nous tenir ensemble.
Un message de ma part sera prononcé demain au Parlement et je reviendrai vers vous dans les heures qui viennent afin de vous tenir informés de l’évolution de la situation et des décisions que je serai amené à prendre.

Vive la République.

Vive la France.

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (24 février 2022)

Comme l’a indiqué le Président de la République ce matin, la France condamne dans les termes les plus fermes l’invasion militaire lancée par la Russie cette nuit contre l’Ukraine. Elle condamne également l’emploi du territoire de la Biélorussie autorisé par le régime de Loukasheko pour mener cette agression contre un pays souverain. Ce choix de la guerre constitue une violation brutale du droit international. Elle entraînera sans délai des conséquences massives et un coût sévère, comme les Européens l’ont annoncé avec leurs partenaires à plusieurs reprises. J’exprime toute ma solidarité avec les autorités ukrainiennes démocratiquement élues ainsi qu’avec le peuple ukrainien dans cette épreuve. La France va renforcer encore son soutien à l’Ukraine, sous toutes ses formes.

Depuis ce matin, une cellule de crise a été activée au Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. En lien avec la cellule de crise activée à Kiev par notre Ambassade, pleinement opérationnelle et à sa tâche, elle est mobilisée pour coordonner l’appui et l’accompagnement des ressortissants français qui se trouvent encore sur le territoire ukrainien à cette heure. Cette action a également vocation à coordonner les différentes administrations de l’Etat impliquées dans la gestion de cette situation. Des recommandations seront transmises à la communauté française en temps réel à mesure de l’évolution de la crise que nous connaissons.

Dernière modification le 29/01/2023

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