Lettres d’Inde numéro 2

La revue du Comité Inde des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF)
Numéro 2 – Octobre 2019

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La revue du Comité Inde des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) Numéro 2 – Octobre 2019
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JPEGÉdito de Jean-Michel Cassé
Président du Comité Inde des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF)

Notre seconde édition des « Lettres d’Inde » s’inscrit six mois après l’écrasante réélection de Narendra Modi, dont la popularité est inégalée malgré un ralentissement économique notable survenu au cours de ces derniers mois.

A 69 ans, M. Modi a fait de ce scrutin législatif hors normes un quasi-référendum sur sa personne. Pulvérisant ses adversaires politiques, il en a émergé triomphalement pour débuter son deuxième quinquennat à la tête de ce pays au 1,3 milliard d’habitants. Il promet l’avènement d’une « nouvelle Inde », résolument nationaliste, à l’économie moderne et numérique, qui se placerait parmi les grandes puissances de la planète.

Dès son arrivée au pouvoir en 2014, M. Modi avait annoncé qu’une décennie serait nécessaire pour transformer et développer la nation de façon pérenne au bénéfice du peuple indien. A mi-chemin de son ambitieux projet, la liste des défis qui l’attendent est considérable.

Il devra notamment s’attaquer à la faiblesse des créations d’emplois et accélérer le rythme de la croissance, situé en-dessous du potentiel et des besoins du géant d’Asie du sud. Habituellement tirée par la demande intérieure, la croissance de l’économie indienne connaît en effet son niveau le plus bas depuis cinq ans, avec 6.8% pour l’année fiscale 2018-19.

Les signes les plus visibles de ce ralentissement sont la chute spectaculaire des ventes automobiles, la fragilisation de l’immobilier, qui à son tour impacte la construction, et des biens à la consommation, conduisant plusieurs entreprises à limoger des milliers d’employés et à fermer des usines. Il est urgent de redonner confiance aux acheteurs.

Dans les mois et années à venir, il sera certainement nécessaire pour Narendra Modi et son gouvernement de s’attacher à régler ces problèmes économiques et à relancer la croissance, faute de quoi il pourrait aussi s’aliéner la classe moyenne urbaine qui est aujourd’hui le cœur de son électorat.

Aujourd’hui, après une décennie passée en Inde à y développer les activités du groupe Accor, j’aimerais souligner l’incroyable dynamisme, la force de la résilience et les changements sans précédent qui nourrissent ce pays complexe.

Lorsque je suis arrivé en Inde, en 2009, la société indienne ne semblait alors se répartir qu’entre la masse des pauvres et l’élite des très riches. L’espace entre ces deux catégories économiques est désormais occupé par de nombreuses strates, avec l’arrivée des nouveaux consommateurs et d’une classe moyenne.

Cette société indienne évolue. A Delhi, j’observe aujourd’hui la jeunesse urbaine qui afflue dans les shopping malls, centres de vie et d’échanges, et qui y fréquentent les salles de cinéma ou les espaces multi-cuisines. Ces jeunes qui s’affirment ont remplacé les timides provinciaux en vêtements traditionnels qui, il y a dix ans, n’osaient pas entrer à l’intérieur des boutiques ni prendre les escalators. Une chose est certaine : les infrastructures se sont considérablement améliorées, notamment le réseau routier, le désengorgement des centre villes, et les aéroports, y compris dans les petites villes.

Au cours de ces dix ans, la présence Accor en Inde est passée de 1 hôtel à plus de 60 hôtels présents dans 22 villes indiennes, comptabilisant 10 000 chambres et 9000 employés. Cette trajectoire nous permet d’envisager encore une augmentation de 25% du nombre de chambres dans les cinq ans à venir. Ce développement se base sur la confiance et la qualité de nos relations avec nos partenaires, qui sont aussi ceux des premiers jours. Un long apprentissage, parfois difficile, de l’Inde et de son contexte, et qui porte ses fruits.

Dans un pays qui poursuit la libéralisation de son économie et ses politiques de réformes, à l’image notamment de l’accélération de la réforme du secteur bancaire, les opportunités visant à l’implantation de projets sur le marché indien sont nombreuses. Entreprendre en Inde est une stratégie gagnante à long terme.
Tel est le message de notre seconde « Lettres d’Inde », où les CCE membres du comité Inde ont souhaité vous faire partager leurs retours d’expériences suivant leurs secteurs d’activités et ainsi contribuer à démystifier une certaine façon d’aborder l’Inde et surtout d’y réussir.

Je profite de cette parution pour féliciter M. Emmanuel Lenain, nouvel ambassadeur de France en Inde, ainsi que M. Daniel Maitre, nouveau Ministre Conseiller et Chef du Service Économique Régional pour l’Inde et l’Asie du Sud, tous deux fraichement nommés à l’Ambassade de France en Inde.

Nous sommes ravis de les accueillir dans ce pays indéniablement fascinant et porteur de tant de défis, où il est d’usage, dit-on, de savoir se préparer au pire et espérer le meilleur !

Dernière modification le 05/11/2019

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