Sommet de l’Alliance Solaire Internationale

Le premier sommet de l’Alliance Solaire Internationale était co-présidé par le Premier Ministre indien Narendra MODI et le Président de la République française Emmanuel MACRON le 11 mars à New Delhi.

La tenue de ce Sommet avait été annoncée le 3 juin 2017, dans le cadre de la visite du Premier Ministre MODI en France, deux jours seulement après la décision des États-Unis de sortir de l’Accord de Paris. Les deux dirigeants avaient alors confirmé leur engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique et la transition écologique et énergétique, à travers des instruments et actions concrets tels que l’Alliance Solaire Internationale (ASI).

L’importance de la mise en œuvre de cette Alliance a été rappelée lors du Sommet One Planet de décembre 2017, dans le cadre duquel la France et l’Inde ont accueilli la réunion « Alliance Solaire Internationale en action » en présence des pays de l’ASI, d’entreprises, d’organisations internationales et d’opérateurs techniques.

Qu’est-ce que l’Alliance Solaire Internationale (ASI) ?

Lancée conjointement par le Premier ministre indien et le président de la République française à la COP21, l’ASI a pour objectif de contribuer à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat par un déploiement rapide et massif de l’énergie solaire. L’Alliance fait également partie des douze engagements du Sommet One Planet.

L’ASI a pour vocation de rassembler les 121 Etats situés entre les deux tropiques, riches en ressources solaires, et à apporter une réponse collective aux principaux obstacles (technologiques, financiers, capacitaires…) au déploiement d’énergie solaire à grande échelle. L’objectif visé est de mobiliser les 1000 milliards de dollars nécessaires pour développer 1 TW d’énergie solaire en 2030.

Chiffres clés

Les pays situés entre les deux tropiques sont en très grande majorité des pays en développement.

20% à 50% de la population de ces pays n’ont pas accès à l’électricité. Ils représentent par ailleurs : 73% de la population mondiale ; 36% du PIB mondial ; 55% de la consommation électrique mondiale ; et seulement 23% de la capacité solaire installée.

Les pays qui ont rejoint l’ASI (60) représentent un potentiel de développement de l’énergie solaire de 138GW dans les 5 prochaines années selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Le coût des modules solaires photovoltaïques a baissé de près de 80% depuis 2009, transformant l’énergie solaire en l’une des sources d’énergie les moins chères, particulièrement dans les pays de la zone intertropicale. Grâce à cette baisse des coûts et au progrès technique, le solaire photovoltaïque est actuellement la source d’électricité qui connait la plus forte croissance mondiale.

Depuis la COP21, que s’est-il passé ?

  • 60 Etats ont rejoint l’ASI, qui a accédé au statut d’organisation internationale le 6 décembre 2017 ;
  • 5 programmes d’action ont été lancés sur les applications rurales et décentralisées, le financement, les mini-réseaux, les installations de toitures et la mobilité solaire électrique ;
  • 6 réunions du comité de pilotage international de l’ASI, co-présidées par la France et l’Inde, ont eu lieu ;
  • Des forums de rencontre entre l’offre du secteur privé, les financements et la demande en énergie solaire ont été organisés à Paris et à New Delhi ;
  • 100 premiers projets pour des applications solaires ont été recensés auprès 36 pays membres de l’ASI ;
  • Un mécanisme commun de garantie financière est en cours de mise en place pour favoriser l’accès aux financements à moindre coût.

Les 5 programmes d’action de l’ASI

  • Les applications rurales et décentralisées : La plupart des pays de l’Alliance sont des économies agraires. Ce programme a pour but d’améliorer les rendements et les retombées économiques en apportant des applications solaires fiables, abordables et adaptées aux besoins, à la portée de tous les agriculteurs dans différents domaines.
  • L’accès aux financements à bas coût : Le coût financier est aujourd’hui l’obstacle principal pour le déploiement de technologies solaires, en dépit des rapides avancées technologiques. Les pays participants au programme travaillent à l’établissement de principes communs pour les cadres législatifs et réglementaires, et des instruments de réduction des risques en vue d’augmenter leurs chances d’accéder à des financements.
  • Les mini-réseaux solaires dans les îles et villages : Les territoires insulaires ou non interconnectés sont parmi les premiers partisans des énergies renouvelables et du solaire en particulier. Ce programme vise à développer et répliquer des modèles pour la commercialisation, adopter des standards communs et lancer des appels d’offre pour l’installation des mini-réseaux.
  • Les installations de toitures : Par sa capacité à générer de petites quantités d’énergie à de multiples points d’injection, l’énergie solaire en toiture permet de produire une énergie décentralisée, limitant les coûts de renforcement de réseau et mutualisant les variations de production électriques sur un grand nombre d’installations. Ce programme vise à lever les barrières à son déploiement.
  • La mobilité solaire électrique : Les technologies de mobilité solaire électrique (routes, véhicules, mobylettes, etc.) connaissent un développement très rapide. Ce programme vise à développer ces applications et promouvoir leur déploiement, par le stockage de l’énergie notamment, et à harmoniser les pratiques des pays participant au programme.

Au sommet de l’ASI : que s’est-il passé ?

Plus de 20 Chefs d’Etat et de Gouvernement, des représentants des organisations internationales, des banques de développement, du secteur privé et la société civile se sont réunis à New Delhi le 11 mars pour accélérer la mise en œuvre de la coalition et atteindre des résultats concrets en matière d’accès à l’énergie et de lutte contre le réchauffement climatique.

Les résultats obtenus lors du sommet sont :

Mobilisation générale des acteurs étatiques, internationaux, et privés

  • Mobilisation des pays de l’ASI pour mettre en œuvre la coalition
  • Engagement d’organisations internationales avec notamment la signature d’accords entre l’ASI et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Agence internationale de l’énergie, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, la Banque africaine de développement, le Fonds vert pour le climat, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque asiatique de développement, la Banque de développement des BRICS, et l’ONG R20 entre autres.
  • Mobilisation du secteur privé avec la création d’un comité des entreprises et du secteur privé

Promotion de la recherche et de l’innovation dans l’énergie solaire

  • Création d’un réseau de 100 centres d’excellence dans les 121 pays de la zone de l’ASI
  • Mise en place de cursus de formation destinés à tous les acteurs du secteur, parmi lesquels 10 000 jeunes techniciens formés sur 5 ans
  • Développement de partenariats favorisant les transferts de technologies et l’innovation. Avec la signature d’un accord de coopération entre le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, et l’Institut indien pour l’énergie solaire.

Mise en œuvre d’outils concrets

  • Favoriser la circulation des connaissances et de l’information par le lancement d’une plateforme « Infopédia » de collaboration en ligne
  • Mise à disposition d’un guide pratique pour assurer des standards de haute qualité
  • Mise en ligne de documents standards pour faciliter l’achat d’électricité dans les marchés publics et les processus d’approvisionnement

Financement de nouveaux projets d’énergie solaire

  • Engagements financiers d’acteurs publics et privés
    • L’Agence Française de Développement s’est engagée à investir 700 millions d’euros dans des projets solaires d’ici à 2022, portant son investissement total à 1 milliard d’euros depuis la création de l’ASI.
    • L’Inde s’est engagée à augmenter de près d’1.4 milliard de dollars les lignes de crédit dédiées à 27 projets dans 15 pays.
  • Accompagnement de 100 premiers projets
  • Création d’un mécanisme commun de garantie

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les pays de l’ASI se sont fixé une feuille de route et des points d’étape réguliers pour poursuivre la dynamique d’accélération du développement de l’énergie solaire. La première assemblée ministérielle de l’ASI co-présidée par la France et l’Inde se tiendra le 26 avril à New Delhi. Un point d’étape sur la mise en place des projets se tiendra à la COP24 en Pologne.

Dernière modification le 16/03/2018

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