Ecole élémentaire de Karikal : rappel des faits

L’école élémentaire de Karikal (EEK) n’est pas une école française ; elle n’est pas homologuée et ne respecte ni les principes fondamentaux, ni les critères d’attribution de l’homologation.

En 2005, alors que l’Ecole des Sœurs de Saint Joseph de Cluny n’était plus autorisée par les autorités éducatives indiennes à héberger une école suivant un système éducatif étranger, le Consulat général de France, dans un souci d’assurer une possible continuité, avait mis à disposition un bâtiment, la Maison de France, propriété de l’Etat français. L’EEK comptait alors 62 élèves.

Depuis cette date, le Consulat général de France a sollicité chaque année auprès de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) une dérogation afin que les élèves français puissent bénéficier des bourses scolaires, et ce bien que l’EEK ne réponde pas aux critères de fonctionnement des établissements scolaires français à l’étranger.

Au cours de ces années, de nombreux efforts ont été entrepris par les autorités françaises pour tenter d’améliorer les prestations pédagogiques et le fonctionnement de l’école.

Pour ne citer que les plus récents et significatifs, rappelons que :

  • Durant l’année 2016-2017, une volontaire de l’association AGIR abcd, directrice d’école retraitée de l’Éducation nationale, a assuré une mission de formation et d’expertise. Victime de pressions et de harcèlement moral de la part du bureau de l’association gestionnaire, elle a renoncé à sa mission au terme de quatre mois. Elle était accompagnée par deux jeunes enseignantes mises à disposition par le Conseil régional de La Réunion. Victimes des mêmes pressions, elles ont quitté leurs postes prématurément, l’une d’entre elles ayant été rapatriée d’urgence à La Réunion pour dépression sévère.
  • En 2017-2018, le soutien pédagogique accordé, à la demande du Consulat, par le Lycée français international de Pondichéry aurait pu porter ses fruits ; la nouvelle direction de l’école bénéficiait d’un accompagnement soutenu, l’équipe pédagogique avait été renforcée et un programme de formation mis en place. La directrice de l’école a malheureusement subi tout au long de l’année pressions, menaces et harcèlement, et l’APEEEK a, malgré les recommandations du Consulat, a mis fin à son contrat à la fin de l’année scolaire.

A l’issue de ces tentatives successives, le Consulat général de France n’a eu d’autre choix que de constater le refus de coopérer de l’association gestionnaire en vue d’améliorer les conditions d’enseignement au sein de l’école, et condamner l’attitude du bureau de l’association envers ses personnels féminins, attitude incompatible avec un dispositif éducatif qui aspire à une reconnaissance française. Ce constat a été partagé par l’autorité académique française compétente.

Ainsi, au lieu de s’en rapprocher, l’EEK s’est malheureusement éloignée des principes fondamentaux et des critères de l’homologation.

Ces principaux critères sont :

  • présence de personnels d’encadrement et enseignants titulaires du ministère français de l’Éducation nationale français correspondant aux fonctions occupées, et de personnels qualifiés recrutés localement ;
  • conformité de l’enseignement aux programmes définis par le ministère français de l’Éducation nationale ;
  • respect des principes de gouvernance et de gestion des établissements scolaires ;
  • nombre suffisant d’élèves.

Suite aux défections d’une partie du corps enseignant, l’école ne compte plus aujourd’hui que trois membres.

  • Un directeur, également enseignant, qui n’a ni la formation, ni l’expérience d’un professeur des écoles, ni celle d’un directeur d’établissement ;
  • Une enseignante, en charge des premiers niveaux du cycle primaire, dont le niveau d’expression en langue française est insuffisant et le niveau de qualification trop faible (équivalent d’un brevet des collèges) ;
  • Une enseignante, en charge des classes maternelles, n’ayant pas non plus le niveau de qualification requis (n’a pas obtenu le baccalauréat).
    Pour mémoire, le niveau de qualification d’un professeur des écoles est celui d’un master en université.

Dans ces conditions, l’enseignement dispensé à l’EEK n’est pas conforme aux programmes de l’Éducation nationale.

En outre, le Consulat général de France a, de façon répétée ces dernières années, réclamé la transparence des comptes de l’APEEEK, qui reçoit les crédits publics français correspondant aux bourses scolaires attribuées aux familles, et exprimé son inquiétude quant à la gouvernance et la gestion de l’école.

Enfin, à la rentrée 2018, l’EEK ne comptait plus que 22 élèves dont 12 Français.
A la fin de cette année scolaire 2018/2019, seuls 16 enfants dont 8 Français y sont encore scolarisés.

Les autorités françaises ne sauraient cautionner plus longtemps ce type de pratiques.

Au bout de 13 années, faute d’homologation, l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) a décidé de mettre fin au régime dérogatoire permettant l’attribution de bourses scolaires pour les élèves Français scolarisés au sein de l’EEK. Dès l’ouverture de la campagne des bourses scolaires (de janvier à mars 2018), cette mesure a fait l’objet d’une large information des familles.

L’administration française a accepté, à titre exceptionnel, que l’attribution de bourses scolaires aux élèves qui en bénéficiaient jusque-là soit encore maintenue pour l’année scolaire 2018/2019 de sorte à donner aux familles le temps de prendre leurs dispositions. Parmi les 5 boursiers français à ce jour, 3 ont pour projet de partir en France, et 2 de poursuivre leur scolarité au Lycée français international de Pondichéry.

Les activités dites scolaires de l’APEEEK n’étant ni reconnues par les autorités indiennes, ni homologuées par les autorités françaises, il est impossible pour l’Etat français de signer une convention d’occupation des locaux pour l’EEK, qui occupe actuellement la Maison de France sans titre particulier. Cette situation présente un risque majeur pour les familles en cas d’accident.

En résumé :
  • malgré les efforts des autorités françaises dans ce but, l’EEK n’est pas une école française
  • les autorités françaises n’ont pas le pouvoir de mettre fin aux activités menées par l’Association APEEK
  • le Consulat général de France et l’Ambassade de France demandent à l’APEEEK, qui occupe sans titre des locaux appartenant à l’Etat français, de poursuivre, si elle le souhaite, ses activités hors de ceux-ci.

Par ailleurs, les autorités françaises s’engagent pour le maintien de la francophonie à Karikal, en apportant un soutien aux initiatives d’activités périscolaires en langue française au bénéfice des enfants, Français ou Indiens, des familles francophones ou francophiles.

Ces activités, regroupées sous le dispositif FLAM (Français Langue Maternelle) de l’AEFE, débuteront le 1er septembre 2019, avec un autre partenaire, dans un autre lieu, et permettront de répondre aux besoins linguistiques et culturels des enfants et des familles souhaitant maintenir un lien privilégié avec la langue et la culture françaises.

Dernière modification le 06/06/2019

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