2èmes rencontres professionnelles franco-indiennes des industries de l’image et du tourisme

Remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite au producteur indien Ashok Amritraj par le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian lors des 2èmes rencontres professionnelles franco-indiennes des industries de l’image et du tourisme.

Bombay, le 14 décembre 2018

Suite au lancement des 1ères rencontres professionnelles franco-indiennes des industries de l’image et du tourisme lors du Festival de Cannes 2018, l’ambassade de France a souhaité organiser leur 2ème édition les 13 et 14 décembre dernier à Bombay.

En Inde pour une visite officielle de deux jours, Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, a présidé la cérémonie de clôture des rencontres. Il a annoncé le lancement du premier fonds franco-indien d’aide au développement de coproductions.

A cette occasion, le Ministre a remis les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite au producteur indien Ashok Amritraj, Président du groupe Hyde Park Entertainment Group.

La star franco-indienne Kalki Koechlin était notamment présente.

Au cours des deux jours des rencontres, les structures françaises des industries de l’image et du tourisme : Unifrance, TV France International, Film France and Atout France ; ainsi que douze des principaux studios de production français ont rencontré leurs homologues indiens à Bombay.

Les producteurs indiens ont également eu l’occasion d’échanger avec les interlocuteurs français présents afin de faciliter les tournages de films indiens en France.

La France et l’Inde sont deux acteurs majeurs des industries de l’image : alors que l’Inde est le 1er producteur mondial de films, la France est le 2ème exportateur mondial de films. La France souhaite développer des liens plus étroits entre son cinéma et les différentes composantes de l’industrie cinématographique indienne.

Discours de clôture des rencontres professionnelles franco-indiennes des industries de l’image et du tourisme

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Ministre en Chef du Maharashtra,
Monsieur l’Ambassadeur,
Madame la Consule générale,
Mesdames et Messieurs

Monsieur le Fédérateur des industries culturelles et créatives françaises à l’export, cher Jean-Noël Tronc,
Monsieur le Président de TVFI [cher Hervé Michel],
Madame la Directrice générale d’Unifrance [chère Isabelle Giordano],
Madame la Directrice générale de Film France [chère Valérie Lépine-Karnik],
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir et de vous trouver aussi nombreux. C’est le signe que ces deuxièmes Rencontres franco-indiennes des industries de l’image et du tourisme ont eu le succès qu’elles méritent.

Nos deux grandes nations partagent une très longue histoire. On le sait peu, mais le cinéma en fait partie : le 7 juillet 1896, le public de Mumbai découvrait avec fascination les premiers films des frères Lumière. Depuis, votre ville n’a eu de cesse de faire vivre la magie du septième art, jusqu’à devenir le berceau de Bollywood et fasciner, à son tour, le public français. Dans le langage des frères Lumières, je crois que cela s’appelle « l’arroseur arrosé » !

Les cinémas indiens et français se souvent croisés et parfois se sont fondus. La belle collaboration artistique entre Satyajit Ray et Jean Renoir à partir de 1949, le succès de la projection de Devdas au festival de Cannes en 2002, qui permit à la France de découvrir votre immense talent, chère Madame Rai, les nombreux films qui s’inspirent de nos deux pays comme Queen, Tamasha, Befikre, Un plus Une ou Maya, pour n’en citer que quelques-uns, marquent autant de moments forts dans cette histoire partagée.

Si nos deux pays sont reconnus partout dans le monde comme deux terres d’élection du cinéma, c’est que la France et l’Inde ont en commun une même générosité dans le partage de ces cultures riches et ouvertes qui font notre fierté. Je crois que cette générosité est d’ailleurs la clef du miracle par lequel nos industries cinématographiques parviennent à combiner l’exigence artistique et le succès populaire.

L’Inde, premier producteur de films au monde, la France, deuxième exportateur mondial, ont tout pour réussir ensemble.

Au cours des deux derniers jours, ce marché franco-indien dédié aux images a permis des rencontres et des discussions particulièrement fructueuses. J’ai pu le vérifier par moi-même tout à l’heure. Je veux donc remercier chaleureusement Unifrance et TVFI, les deux opérateurs de soutien à l’export des « métiers de l’image », qui ont su réunir les professionnels de nos deux pays et faire de ces rencontres une vitrine des opportunités qui s’offrent à nous.

Ma conviction est que nous avons aujourd’hui, si nous unissons nos forces, tout pour gagner encore plus de visibilité dans le respect de nos identités qui font la richesse de nos cinémas. Je crois que l’heure est venue de franchir un cap supplémentaire dans notre alliance cinématographique. C’est la raison de ma présence ce soir à Mumbai.

Je voudrais suggérer quelques pistes pour renforcer notre collaboration et nous donner les moyens de nos ambitions.

  • 1) D’abord, je veux vous encourager à suivre le chemin des coproductions franco-indiennes, sur lequel plusieurs d’entre vous se sont déjà engagés.

C’est – j’en suis convaincu – la meilleure manière de consolider les liens qui unissent nos deux cinémas. C’est donc avec beaucoup de joie que je vous annonce le lancement du premier fonds franco-indien d’aide au développement de coproductions. Grâce au soutien de CinéFrance, dont je salue le directeur général Julien Déris, et d’Ashok Amritraj, ce fonds permettra à des scénaristes français et indiens d’écrire à quatre mains. Les noms des lauréats seront annoncés lors du prochain Festival de Cannes.

  • 2) Ce que je suis aussi venu vous dire ce soir c’est que la France, pays de cinéma, est aussi un pays où l’on peut venir tourner. Chers amis indiens, je vous y encourage.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, car à travers un film ce sont des paysages, une langue, une culture qui sont montrés. Ces découvertes peuvent susciter l’envie de voyager, d’apprendre et de découvrir pour soi-même, de construire de nouveaux ponts entre nos deux pays. Notre ambition est, à travers le cinéma, de renforcer l’attractivité de notre capitale et de nos territoires aux yeux des touristes indiens. Ils sont, chaque année, de plus en plus nombreux, à visiter notre pays. Nous souhaitons bientôt dépasser le million.

Comme vous le savez, la France a fait, ces dernières années, des efforts significatifs pour mettre en valeur les atouts qui sont les siens, de la beauté de ses paysages à l’excellence de ses techniciens. Des progrès importants ont déjà été réalisés : nous avons facilité la circulation des personnes et amélioré le crédit d’impôt cinéma. C’est déjà beaucoup. Mais j’estime que nous devons faire encore mieux, en vous proposant une offre claire et globale pour venir tourner en France.

Je veux le dire très concrètement : dans cette nouvelle perspective, nous souhaitons notamment réduire les coûts des productions indiennes en France. A l’évidence, c’est un critère important. Atout France incitera nos professionnels du tourisme, qui savent qu’ils ont tout à gagner à ce que la France accueille davantage de tournage sur nos territoires, à vous proposer des tarifs attractifs, voire des partenariats complets pour transporter, loger et nourrir vos équipes. Film France, de son côté, mettra son expertise à votre service, en facilitant vos échanges avec la filière française du cinéma et en sélectionnant les opérateurs techniques qui répondront à vos besoins. L’enjeu, vous le comprenez, c’est de rapprocher le monde du cinéma et le monde du tourisme, pour vous proposer des solutions intégrées. Et je me réjouis à cet égard que les deux opérateurs que je viens de citer, Atout France et Film France, travaillent à finaliser une convention ambitieuse en ce sens.

En Inde, votre point de contact privilégié restera l’Institut Français. Mais, une fois le projet lancé, Atout France interviendra pour sélectionner les partenaires français du film, qu’il s’agisse de collectivités locales ou de partenaires privés. Pour chaque projet, nous pourrons ainsi reproduire la synergie qui nous a permis, en 2016, d’accueillir le tournage du film Befikré dans les meilleures conditions. Atout France, la Ville de Paris et de grandes enseignes du tourisme français avaient alors travaillé de concert.

Pour concrétiser cette nouvelle ambition, je suis très heureux de vous annoncer la création d’un « Comité France du film indien », qui réunira tous les acteurs concernés : Atout France, Film France, mais aussi Unifrance, TVI ou encore Business France. Grâce à ce Comité, qui sera mis en place dans les prochaines semaines, nous espérons doubler le nombre de tournages de productions indiennes en France d’ici à 2022. Il organisera, à votre intention, un nouveau voyage en France à destination des professionnels en 2019.

  • Enfin, je suis heureux de vous annoncer une autre mesure importante pour notre stratégie de promotion des tournages en France. Il s’agit de la mise en place d’un « Observatoire des retombées économiques des tournages en France » au printemps 2019. Cet Observatoire, qui sera porté en lien avec mon ministère par Atout France et Film France, réalisera des études d’impact, notamment sur la fréquentation des lieux mis en valeur par des films ou des séries, qui montreront avec objectivité les effets bénéfiques des tournages sur nos villes et nos territoires.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Le cinéma a toujours rapproché nos deux pays. Cette soirée montre que nous partageons l’envie de nous associer plus étroitement encore. Ensemble, nous y arriverons !

Pour paraphraser les cinéastes : « Action ! »

Je vous remercie.

Discours pour Ashok Amritraj, Chevalier dans l’Ordre national du Mérite

(Seul le prononcé fait foi)

Cher Ashok Amritraj,

Nous sommes réunis ce soir pour vous dire combien la France vous est reconnaissante du travail que vous accomplissez pour le cinéma et la culture depuis plus de trente ans. Que chacun ici prenne un instant pour songer à ce chiffre vertigineux : grâce à vous, plus de cent films ont vu le jour.

Pourtant, vos débuts dans la vie auguraient d’une toute autre carrière, puisque c’est d’abord vos talents de joueur de tennis qui vous ont fait connaître dans le monde entier. Mais votre passion pour le cinéma aura été plus forte et très vite vous devenez producteur.

En tant que Président et directeur du groupe Hyde Park Entertainment, vous produisez, financez et distribuez aussi bien des longs métrages, que des programmes télévisés ou encore des contenus numériques. Fort de nombreuses réussites au box-office et de nombreux succès critiques, dont 99 HOMES et tant d’autres, vous avez été nommé "Producteur de la décennie" par la Spirit of India Foundation.

C’est ce qui rend extrêmement précieux à nos yeux votre engagement passionné en faveur du rapprochement des industries cinématographiques indienne et française. Votre contribution à notre réflexion sur les enjeux et les outils nécessaires au développement de projets franco-indiens est inestimable. Par votre aide à la création, aux côtés d’investisseurs français, d’un Fonds de soutien à l’écriture de productions franco-indiennes, vous allez favoriser l’éclosion des talents qui porteront demain les couleurs de nos deux cinémas qui, grâce à eux et donc à vous, n’en seront parfois qu’un seul.

Ce parcours exceptionnel, qui vous a conduit de Wimbledon à l’Académie des Oscars, a de quoi étonner et impressionner.

Mais ce qui force véritablement le respect chez vous, c’est votre attachement à promouvoir l’égal accès de tous aux biens communs de notre humanité, et en particulier à l’éducation. Vous l’avez d’abord fait en tant que producteur, notamment dans l’émission « Chance of a Lifetime », où vous mettiez des aspirants cinéastes du monde entier aux prises avec les grands défis de notre temps. Vous le faites désormais en qualité d’« ambassadeur de bonne volonté » des Nations Unies en Inde pour les objectifs de développement durable

Cher Ashok Amritaj,

Pour ces succès, dont vous avez fait autant de leviers pour construire un monde meilleur, je suis heureux et fier de vous nommer Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

Dernière modification le 15/12/2018

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